Critique
La Donation: l'art du don
Isabelle Hontebeyrie / 7Jours 2009-11-06 05:00:00
© Films Séville
Jeanne (Élise Guilbault, extraordinaire), la médecin qu’on a connu dans La Neuvaine, travaille désormais dans un hôpital de Montréal. De son côté, le Dr. Rainville (Jacques Godin, excellent) a passé la majeure partie de sa vie à Normétal, village d’Abitibi, dévasté par la fermeture de l’usine qui l’a fait naître, et vivre, pendant tant d’années. Jeanne répond un jour à la petite annonce du docteur, qui cherche un remplacement et, pourquoi pas, un successeur. Dès son arrivée, Jeanne découvre un lieu où tout le monde se connaît, où le médecin a un contact intime et privilégié avec tous ses patients. Elle devra, peu à peu, changer ses façons de faire, apprendre à écouter et surtout à s’ouvrir aux autres.
À la mort du Dr. Rainville, elle hésite à reprendre sa pratique, qu’il lui a léguée. Elle tergiverse, doute… avant d’accepter ce don. Et, comme le titre l’indique, La Donation est un film empreint de cette notion de transmission. Pas de charité: la nuance est là, subtile et discrète. Jeanne, toujours aussi sobre, mais moins sévère, plus humaine en sorte, est finalement de retour dans le monde des vivants.
L’Abitibi, filmé de main de maître par Bernard Émond est le décor parfait d’austérité et empli de beauté et de grandeur, parfait pour illustrer la profondeur des dons qui unissent chacun des personnages – principaux et secondaires – de La Donation. Moins torturé que La Neuvaine, moins violent que Contre toute espérance – même si le propos social est encore là, il est atténué -, le long métrage clôt parfaitement cette trilogie. Sérénité, calme et paix retrouvée sont les nuances dominantes de cette œuvre qui se regarde comme un tableau.
Notre cote: 4/5





