Cinéma

Je suis une légende

Will Smith

Par Noemia Young / 7Jours 2008-01-24 13:56:27
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© Warner Bros.

L’an dernier, le comédien nous a présenté une nouvelle facette de sa personnalité dans La poursuite du bonheur, qui lui a valu une nomination aux Oscars. Aujourd’hui, Will Smith continue de nous étonner en interprétant le rôle du survivant d’une guerre biologique dans le film de science-fiction Je suis une légende.


Will, comment vous êtes-vous senti lorsque vous vous êtes promené dans les rues de Manhattan, parmi les décors apo­ca­lyptiques du film?
Se promener dans la ville quand il n’y a pas un chat, ça donne vraiment la chair de poule. C’est étrange de ne rencontrer absolument personne à l’intersection de certaines rues et de la Fifth Avenue. Je me suis rendu compte que je n’avais jamais été témoin d’une situation semblable.

New York est toujours bondée de gens, et la logistique qui nous a permis de filmer les scènes est très impressionnante. Nous avons occasionné des bouchons monstres, et je peux vous affirmer que les New-Yorkais n’étaient pas du tout contents. Je pense aux injures qui m’ont été adressées, moi qui ai pourtant l’habitude de mettre les gens de bonne humeur! Je vous avoue que le résultat est saisissant. Voir ces images et «entendre» ce silence, c’est une expérience très intense.


Vous êtes le seul survivant de New York. Que feriez-vous en pareille situation?
Oh, mon Dieu! Vous me posez toute une question! L’idée géniale derrière ce film, c’est que chaque personne s’est un jour demandé ce qu’elle ferait si elle était la seule survivante de la planète. Et c’est pourquoi j’adore ce film: il parle à chacun d’entre nous. On a sans doute ressenti la même chose lorsque nos parents nous ont laissés seuls dans le noir pour la première fois. Tout le monde a déjà eu peur de la solitude et du noir. C’est un concept très primaire, et on peut tous s’y identifier.


Avez-vous foi en la race humaine?
Encore une question existentielle! Moi, je suis un grand amateur d’histoire, et, si l’histoire décrit bien ce que nous sommes, j’estime qu’il faudrait que quelque chose de vraiment terrible arrive pour que l’homme change et comprenne enfin ses erreurs. Ce n’est cependant pas ce que je souhaite, mais je me fie à ce que je vois de l’humanité.


Et que faites-vous pour changer notre monde?
Je joue dans des films. Le seul fait de pouvoir provoquer la discussion entre des personnes suffit à me combler en tant que comédien. Comme Nelson Mandela me l’a déjà dit, il faut savoir mêler les arts à la politique.

Grâce à mon métier, je peux attirer l’attention des gens sur des événements, des causes, des problèmes importants. C’est donc ma responsabilité de faire entendre ma voix. J’aimerais pouvoir m’adresser à une personne importante, si possible au président des États-Unis ou à un de ses prédécesseurs.


Plus tôt, vous parliez de solitude et de frayeur. De quoi avez-vous peur?
Moi, je suis terrifié à l’idée d’être terrifié. Si j’ai peur de quelque chose, je dois réagir parce que je deviens fou à ce moment-là.


Dans quelques scènes du film Je suis une légende, on vous voit en train de vous entraîner. Le faites-vous au quotidien?
Je fais mon jogging chaque jour, à peu près cinq milles sur le tapis roulant. J’essaie aussi de faire de la musculation.

Je m’entraîne durant des périodes de cinq semaines, puis je prends une pause et je cherche à m’amuser un peu. Pour ce film, je devais peser 185 livres, alors que pour Ali, j’en pesais 225. Je n’ai jamais été aussi maigre. Mais j’aime bien de quoi j’ai l’air dans le film.


Êtes-vous prêt à faire face à une guerre biologique?
Ma femme (l’actrice Jada Pinkett) a peur de tout. Nous avons donc un kit de survie pour tout. Notre trousse de premiers soins nous a coûté 4000 $, vous vous rendez compte? Elle est même montée sur roues! (rires)

L’hôpital est situé à deux minutes de la maison, mais je me dis constamment: «Et si je ne peux pas m’y rendre?» J’avoue être un gros bébé! Ma femme est prête à parer à toute éventualité, surtout aux incendies, étant donné les feux qui font rage autour de Malibu! Alors, comme vous pouvez le constater, je suis prêt à faire face à n’importe quoi!


 
 
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