Cinéma

Dure réalité

Sleepwalking

Par Noemia Young / 7Jours 2008-03-28 17:31:35

Malgré une brève apparition dans Sleepwalking, Charlize Theron brille de tous ses feux dans le rôle d’une mère indigne. L’actrice, qui est aussi coproductrice du film, a choisi de faire tourner celui-ci dans des conditions peu favorables. La star de 32 ans nous dit pourquoi.


Charlize, pourquoi avoir tenu un rôle aussi peu reluisant?
Je voulais relever le défi de rendre sympathique une femme qui commet des actes impardon­nables au cours des 10 premières minutes du film. Nous avons tous des défauts et, selon moi, nous sommes trop pressés de juger, d’étiqueter les autres. La vie est une aventure au cours de laquelle on finit tous par apprendre quelque chose.

J’ai essayé de montrer Joleen de la façon la plus réaliste possible mais, en fin de compte, ce que je raconte ici, c’est une histoire de vengeance, de pardon et de remords. Selon moi, notre monde serait meilleur si on cherchait à mieux comprendre les gens.


Les acteurs du film n’ont que des éloges pour vous. Qu’est-ce qui fait de vous une productrice à part des autres?
La production peut être un aspect très créatif du cinéma, et c’est pour moi très satisfaisant de passer derrière la caméra. Je suis fascinée par le côté administratif, surtout celui qui entoure le cinéma indépendant. Ça m’intrigue énormément.


Comment se sont déroulés les tournages dans l’Ouest canadien?
Ça ressemblait à un vrai cirque. Imaginez une bande de person­nes qui ne se connaissent pas et qui se retrouvent en plein hiver à Regina, en Saskatchewan. Nous vivions tous dans le même dortoir. J’y tenais, pour que personne ne puisse retourner dans sa bulle, le soir venu. J’ai toujours aimé mener une vie de bohème, et je voulais être en permanence avec l’équipe et les acteurs.


Le personnage que joue Dennis Hopper (le père de Tara dans le film) est très dur. Pensiez-vous à votre père, qui a été très violent?
J’ai vécu dans des circonstances très différentes. Si je produis un film, je ne veux pas qu’on y parle de mon histoire personnelle. Il s’agit plutôt d’un véhicule pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. En ce qui concerne Dennis Hopper, j’ai dû faire tourner ses scènes en huit jours, car il avait des engagements à respecter pour un autre film. Presque toute la fin de Sleepwalking a donc été tournée au début, et je crois que ça a, en quelque sorte, donné le ton au film.


Celui-ci parle des choix qu’on doit faire. C’est un sujet qui vous interpelle, n’est-ce pas?
J’ai moi-même eu des choix difficiles à faire. Peu importe tout l’amour qu’on a pu recevoir de sa mère, la vie n’est jamais ce qu’on voudrait qu’elle soit. Mais en même temps, je n’ai jamais cru être la seule personne à endurer les épreuves que je traverse. J’ai toujours su ce que je voulais, et j’ai toujours cherché à être proactive pour atteindre mes objectifs. C’est ma philosophie


Vous avez baptisé votre maison de production Denver and Delilah. Pourquoi?
Ce sont les noms de mes deux chiens. Mais Delilah est décédée l’an dernier... J’ai été élevée dans une ferme (à Benoni, en Afrique du Sud) où vivaient une vingtaine de chiens, et cela me manque beaucoup. Ma compagnie porte le nom de mes chiens, parce qu’il m’ont permis de trouver un peu de stabilité à Los Angeles. Sans eux, peut-être en serais-je repartie avant de connaître le succès.


Quelles sont vos priorités à 32 ans?
Je veux profiter des surprises que la vie me réserve. Nous vivons dans une société où les gens veulent tout savoir d’avance, que ce soit le sexe de leur enfant ou le déroulement exact de leurs vacances. Moi, je ne veux pas vivre de cette façon; je désire être surprise le plus souvent possible. J’aimerais fonder une famille, je le sens au plus profond de moi. Mais je ne sais pas quand. Et j’aime bien, je dirais même plus j’adore le fait de ne pas le savoir.


Sleepwalking en salle depuis le 14 mars

 
 
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