Scarlett Johansson & Natalie Portman
Deux sœurs pour un roi
Par Noemia Young / 7Jours 2008-02-29 12:42:12
Quoi de plus séduisant qu’une jolie actrice qui tient le rôle d’une grande dame de la cour d’Angleterre du XVIe siècle? Eh bien, deux! Dans Deux sœurs pour un roi, Natalie Portman interprète Anne Boleyn, et Scarlett Johansson, sa demi-sœur Jane. Mieux encore, les deux vedettes sont interviewées ici en tandem.
Natalie, pourquoi avoir choisi de jouer Anne Boleyn?
Lorsque j’ai lu le scénario, les deux rôles étaient disponibles. Je n’avais jamais
joué ce genre de personnage et, pour
moi, c’était un défi à relever. Anne était une femme ambitieuse et dure. Sa
demi-sœur et elle étaient des femmes
très complexes, mais de façon différente. J’avais l’impression de pouvoir mieux m’identifier à Anne.
Scarlett, vous avez aussi accepté de jouer dans Mary Queen of Scots.
Vous semblez aimer les films historiques.
J’aime beaucoup l’histoire. Ce qui
me fascine, c’est de voir à quel point
les femmes faisaient alors de très
fortes dirigeantes. Mary et Anne
Boleyn ont toutes deux vécu au début
du XVIe siècle et, à cette époque-là, les femmes jouaient un rôle très restreint dans la société. La dynamique est donc très intéressante, surtout à cause des intrigues qui prévalaient dans ce
temps-là.
Vous comptez toutes deux parmi les comédiennes les plus talentueuses de notre époque. Vous connaissiez-vous avant ce tournage?
N. P.: Je n’avais rencontré Scarlett que
deux fois auparavant, mais je l’ai toujours admirée. Lorsque j’ai choisi de jouer Anne, j’ai demandé à ce qu’on lui offre le rôle
de Mary, entre autres parce que les deux femmes sont des rivales. Elles sont fortes, intelligentes, compliquées et jolies. Elles s’opposent, mais elles s’aiment aussi l’une l’autre. J’avoue que c’est de Scarlett que
j’ai tiré ma force.
S. J.: Je n’aurais pas été intéressée par le personnage de Mary si Natalie ne me l’avait pas offert. Étrangement, au début, je n’arrivais pas à m’identifier à Mary. Mais ce sont deux femmes qui ont une grande volonté de survivre, tout comme Mary, la reine des Écossais. C’est finalement quelque chose qui m’a touchée.
Ce sont également des manipulatrices. Ça ne vous dérangeait pas?
Anne et Jane sont en effet des manipulatrices mais, selon moi, elles tiennent ça de leurs parents. Ces femmes ont été manipulées avant de ressembler à ceux qui les ont élevées. Dès leur plus tendre enfance, on leur
a appris que c’est bien de le faire. Je
ne suis pas du genre à manipuler les autres, mais je vois beaucoup de filles qui le font. Toutes jeunes, on leur dit: «Tu es intelligente et tu as l’air d’un ange. Alors, sers-en-toi.»
Natalie, êtes-vous une femme «compétitive» et ambitieuse?
Je possède une bonne dose de ces deux qualités. Mais pas au point de maltraiter quelqu’un d’autre, du moins je l’espère. Une chose est sûre: ça m’aide beaucoup dans mon travail. Quand je vois quelque chose que j’aime, j’essaie toujours de l’égaler.
Je suis une femme qui aime avancer dans la vie, et je considère ça comme une qualité. Mais je ne m’identifie
pas à Anne.
J’aimerais poser la même question à Scarlett...
Oui, je suis «compétitive», mais seulement quand c’est justifié. À la maison, je n’ai jamais eu à me battre avec mes frères et sœurs. Nous ne ressentions pas le besoin d’entrer en compétition les uns avec les autres, même mon frère jumeau et moi. Nous sommes très différents, mais nous avons toujours eu une bonne relation.
Natalie, votre père est israélien
et votre mère est américaine. Comment avez-vous vécu le contraste des deux cultures?
Saviez-vous qu’en hébreu le même mot désigne mari et propriétaire? C’est ainsi que l’institution du mariage a débuté. Je dis ça parce
qu’il faut se rappeler que le concept de mariage n’a pas toujours été lié
à l’amour. Longtemps, les mariages ont servi à bâtir des empires. Et c’est ce à quoi on assiste dans le film Deux sœurs pour un roi. Tout était affaire de classe et, quand on y pense aujourd’hui, ça fait réfléchir!





