Sept mois avant la mort de Guillaume Depardieu
Normand D'Amour joue à ses côtés
Maxime Charbonneau / 7Jours 2009-01-07 16:46:57
Normand D'Amour © Frédéric Auclair
En mars dernier, Normand D’Amour a eu la chance de tourner dans Château en Suède, un téléfilm avec Jeanne Moreau et Guillaume Depardieu. Ce projet a d’ailleurs été un des derniers films de Guillaume Depardieu, décédé en octobre dernier, à l’âge de 37 ans. Le comédien nous parle de son expérience.
Normand, comment as-tu trouvé Guillaume en tant qu’humain?
J’avais plusieurs scènes à jouer avec Guillaume. J’ai trouvé qu’il était un être troublé. On avait le goût de le prendre dans nos bras pour le réconforter.
De quelle manière se comportait-il sur le plateau?
Ouf! Disons que son état était discutable. Il fumait deux gitanes en même temps, il arrivait complètement ivre sur le plateau, il ne savait pas son texte et il tremblait sans arrêt. Le fait qu’il a toujours été dans l’ombre de son père, un homme plus grand que nature, n’a sûrement pas aidé…
Et, lorsque la caméra commençait à tourner, était-il tout de même apte à se débrouiller?
Oui, certainement. Il était bon et il faisait très bien son travail. Ce gars-là était un grand acteur, mais troublé en tant qu’humain.
Tu as eu une année 2008 bien remplie. Tu viens de terminer un tournage, non?
Oui, j’ai tourné dans le film 5150, rue Des Ormes, d’Éric Tessier, basé sur un roman de Patrick Senécal. J’interprète le psychopathe Jacques Beaulieu qui représente vraiment, selon moi, la quintessence de tous les méchants. Je ne veux pas trop en dévoiler, mais ce sera un film audacieux, violent et dérangeant. Il y a eu plusieurs moments de grâce durant le tournage, alors ça ne peut être qu’un succès.
Encore un méchant! Il me semble que tu fais régulièrement des rôles du genre…
Oui, tu as raison. Reste que j’éprouve tout de même beaucoup de plaisir à jouer des durs. Je pense que les gens m’engagent, car ils savent que je suis capable de livrer la marchandise. J’ai du coffre, et cela aide pour ce genre de rôle.
Bref, le cinéma semble t’apprécier grandement.
Depuis ma participation dans le film Tout est parfait, d’Yves Christian Fournier, les offres ne cessent d’arriver. Je suis très chanceux au cinéma, mais reste que j’ai hâte de retourner à la télévision afin d’avoir une continuité et une sécurité. Il y a deux ans, j’ai été obligé de puiser de l’argent dans mes REER pour pouvoir vivre adéquatement. Il est impossible pour un acteur d’avoir des revenus suffisants avec une ou deux pièces de théâtre par année. Alors, oui, je suis chanceux et je touche du bois pour que ça se poursuivre.





