Il présente Fais-moi plaisir! à Cinémania
Naïf, cet Emmanuel Mouret!
7Jours 2009-11-05 20:30:12
Emmanuel Mouret © Julien Faugère
En visite éclair à Montréal pour présenter son dernier film Fais-moi plaisir!, Emmanuel Mouret ressentait encore les effets du décalage horaire lorsque nous l’avons rencontré. Ça n’a pas empêché le réalisateur, scénariste et acteur français de répondre à nos questions avec beaucoup de générosité, et ça, même si la soirée d’ouverture du Festival Cinémania l’attendait.
Bien que ses œuvres précédentes l’aient mené deux fois à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, Emmanuel Mouret ne cherche pas le glamour. En fait, le cinéaste se dit franchement honoré d’ouvrir le festival montréalais. «Je suis de Marseille et j’aime ce qui est simple. Je suis très attaché dans mes films à une certaine forme de charme et d’élégance, je trouve souvent que ce qui est gracieux demeure simple», explique ce dernier.
Du charme, de l’élégance et du raffinement, c’est d’ailleurs ce dans quoi baignent les personnages plutôt burlesques de Fais-moi plaisir!. Poussé dans les bras d’une inconnue (Judith Godrèche) par son amoureuse (Frédérique Bel), Jean-Jacques (Emmanuel Mouret) se voit obligé de succomber à un flirt, qui ne se voulait pas bien méchant à la base. Propulsé dans les hautes sphères par cette femme énigmatique, le pauvre homme verra cependant ses désirs malmenés par une série de situations loufoques.
L’éloge de la naïveté
Comme plusieurs autres personnages de Mouret créés pour lui-même, Jean-Jacques paraît être tout ce qu'il y a de plus gauche auprès de la gente féminine. Alors que son alter ego est tout à fait charmant, il est légitime de lui demander d’où vient son inspiration pour cet amoureux maladroit.
«Jean-Jacques, c’est ma partie gauche, autant dans ma gestuelle que dans ce penchant à se faire mener par les femmes que je désire», avoue ce spécialiste de la comédie sentimentale. Parlons-en d’ailleurs de ces femmes, qui, toutes différentes dans le film, se rejoignent par une naïveté plus drôle qu’affligeante. «Qu’ils soient hommes ou femmes, mes personnages sont naïfs. Ça me plait de montrer en eux une part candide et naïve qui est, selon moi, la plus belle part de nous tous. Au fond de nous, nous sommes tous naïfs, surtout quand on aime. Si nous ne le sommes plus, nous ne pouvons plus être touchés par quelque chose. Pour moi, être naïf c’est d’être ouvert aux choses», résume-t-il.
Portant toujours ses projets à bout de bras, Emmanuel Mouret ne voit pas le jour où sa carrière prendra un simple détour d’interprète. En fait, ce réalisateur qui ne se sent même pas comédien, malgré son talent évident, adore avoir le privilège de choisir son équipe. «De loin, ça peut paraître lourd (d’occuper la fonction d’auteur, de réalisateur et de comédien), mais j’ai plutôt l’impression d’avoir beaucoup de chance d’être entouré de bons techniciens et de comédiens, qui ont de grandes idées, dont je profite. En fait, tout le mérite leur revient», affirme humblement l’homme de cinéma.
Une muse qui l’amuse
Être son propre patron a aussi l’avantage de choisir les sublimes comédiennes qui lui donnent la réplique. Pour la troisième fois, l’acteur se retrouve au côté de la magnifique Frédérique Bel. Est-elle une muse pour lui ? «Sans être ma muse, je dirais plutôt qu’elle m’amuse beaucoup. Tout le monde trouve que nous formons un joli couple alors pourquoi ne pas continuer de travailler ensemble? Comme actrice, elle a une vraie fantaisie, une vraie sincérité», nous assure-t-il.
En attendant bébé
N’ayant pas planifié d’activités autres que faire la promotion de son film, Emmanuel Mouret quittera le Québec au courant de la fin de semaine. Loin de craindre le froid québécois qui se montre déjà le bout du nez, la star retourne rapidement chez elle afin d’être près de sa compagne, qui doit accoucher d’un garçon d’ici un mois. Déjà père d’un fiston de sept ans, il semblait d’ailleurs un peu inquiet de cette pandémie de grippe A dont tout le monde parle au Québec. «Je ne sais pas trop quoi penser de la vaccination. En France, personne ne veut recevoir le vaccin», avoue le papa confus.
Une chose est sûre, cependant, c’est que vaccin ou pas, le visionnement de Fais-moi plaisir! ne peut que vous donner la piqure pour les films de Mouret!





