Au cinéma le 2 avril
Si Gainsbourg m’était conté
Isabelle Hontebeyrie / 7Jours 2010-03-26 16:00:00
Éric Elmosnino en Gainsbourg - © Films Séville
Pour sa première réalisation, le bédéiste Joann Sfar a décidé de s’attaquer à un monstre sacré de la chanson française: Serge Gainsbourg. Et, plutôt que de choisir l’animation, il a préféré lui donner un visage et une voix: ceux de l’acteur Éric Elmosnino qui passe de Lucien Ginsburg à Gainsbourg puis à Gainsbarre, adoptant tous les tics de ce compositeur, musicien et interprète.
L’un des producteurs, Marc du Pontavice se rappelle: «Au début, Joann voulait que ce soit Charlotte qui joue Gainsbourg, mais au bout de plusieurs mois, elle a décliné la proposition.» L’apprenti cinéaste ne se décourage pas, il continue de remanier le script, jusqu’à ne plus savoir où ni quoi supprimer. «Pendant une bonne partie de l’année 2007, Joann a travaillé sur le script. Il a fait onze versions. La première, sans dessins, faisait 164 pages» ajoute-t-il.
Le casting, qui débute en 2008, se révèle être tout aussi infernal, tous les acteurs de l’Hexagone veulent incarner l’homme à la tête de chou dans ce long métrage au budget de 16 millions d’euros. Mais Joann Sfar choisit Éric Elmosnino, plutôt connu pour ses rôles au théâtre. Comme le dit le réalisateur: «Ça me plaisait qu’Éric ne connaisse pas Gainsbourg, ça voulait dire qu’il ne serait pas écrasé par le personnage.» Un pari qu’il réitère avec Lucy Gordon, qui n’a que quelques seconds rôles à son actif et qu’il choisit pour incarner Jane Birkin. Car avant de tomber sur la jeune femme, l’équipe de production fera passer des auditions à plus de 400 comédiennes, aussi bien en France qu’en Angleterre. Seule «gros» nom au générique de Gainsbourg (Vie héroïque): Laeticia Casta qui devient Brigitte Bardot.
Comment Éric Elmosnino devint Gainsbourg
Pour donner vie à ce personnage plus grand que nature, l’acteur - ironie du sort -arrête de fumer pour prendre du poids. Il se met à la musique, apprend à chanter et se lance dans la musique. Quatre mois plus tard, il est prêt. Puis, il s’attaque aux essayages, aux longues séances de tests avec les équipes de coiffeurs et de maquilleurs qui lui mettent de fausses oreilles, un faux nez et des perruques. Le premier «clap» retentit en janvier 2009 et le tournage dure 70 jours. Parmi les moments mémorables pour Joann Sfar: «C’était émouvant de voir la complicité entre Lucy et Éric pour la scène du premier baiser. On avait mis 200 kilos d’éclairage sur Notre-Dame.» Puis, suivant les conseils de Claude Chabrol, le réalisateur organise une immense fête à la fin de la production. «On s’est tous retrouvés comme des cons, à s’embrasser et à pleurer. Je me suis fait de vrais amis» confiera Éric Elmosnino lors de la présentation du film.
Sorti en France en janvier dernier, Gainsbourg (Vie héroïque) a connu un certain succès, récoltant plus d’un million d’euros. Au Québec, le film prend l’affiche le 2 avril prochain.





