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Box The Hakamada Case: une terrible erreur judiciaire
Isabelle Hontebeyrie / 7Jours 2010-09-02 18:59:00
De gauche à droite: Banmai Takahashi, Hirofumi Arai et Masato Agiwara © Éric Carrière
Box: The Hakamada Case est l’un des trois films japonais présentés au FFM cette année. Le réalisateur Banmei Takahashi et les acteurs Hirofumi Arai et Masato Hagiwara ont répondu aux questions des journalistes et du public.
Box: The Hakamada Case est tiré d’un fait divers connu désormais dans l’histoire japonaise sous le nom de l’incident Hakamada. Nous sommes le 30 juin 1966, une usine de fabrication de miso est incendiée et le directeur de la compagnie ainsi que trois des membres de sa famille sont brutalement tués à leur domicile.
Immédiatement, les soupçons du détective Tatematsu (Ryo Ishibashi) se portent sur Iwao Hakamada (Hirofumi Arai), un ancien boxeur. C’est que l’homme a une coupure sur l’un de ses doigts et certains de ses vêtements sont tâchés de sang. Hakamada clame son innocence, mais rien n’y fait. Les policiers finiront par lui soutirer des aveux et l’ex sportif sera condamné à mort. Depuis, son avocat a tenté de faire appel à cette sentence, sans succès. Et le juge Kumamoto (Masato Hagiwara), chargé du dossier à l’époque, a également, depuis, admis ne pas avoir été convaincu de la culpabilité de l’homme.
«On a l’impression, dans cette affaire, que les policiers ont fabriqués certaines preuves, explique Banmei Takahashi. Mais, d’un point de vue judiciaire, aussi bien la confession que les vêtements tâchés de sang ont maintenu un doute dans l’esprit du juge. Par ailleurs, ni la police, ni la justice n’admettront avoir commis d'erreurs dans cette affaire, sinon ils perdraient la face.»
Aujourd’hui, Iwao Hakamada est encore en prison, toujours en attente de sa sentence. Le groupe Amnesty International pense qu’il est le condamné à mort à avoir été incarcéré le plus longtemps et, malgré plusieurs actions (dont une pétition au ministre de la justice du Japon en mars dernier, à l’occasion du 74e anniversaire du prisonnier), il demeure derrière les barreaux.
Ses conditions de détention - le Japon est reconnu pour la sévérité des mesures d’incarcération des condamnés à mort - ont d’ailleurs soulevé l’ire de l’association qui s’insurge contre l’isolement, le manque total de contact humain et l’obligation de demeurer assis dans une cellule sans télévision et sans livres que subit Iwao Hakamada.
Le film aborde ces questions et, selon Hirofumi Arai, l’acteur qui incarne le condamné, «la folie d’Iwao Hakamada que j’ai essayé de présenter est venue graduellement, même si le tournage des scènes après la condamnation ont été tournées en une seule journée.»
«Le thème du film est universel, cela aurait pu se produire dans n’importe quel pays» souligne Masato Hagiwara. «L’accueil que nous a réservé le public du FFM m’a beaucoup ému» a-t-il ajouté.
Tous les détails des projections sont disponibles sur le site officiel: http://www.ffm-montreal.org.





