Cinéma

Dans la brume électrique

«La Louisiane, c’est le tiers-monde» - Bertrand Tavernier

Isabelle Hontebeyrie / 7Jours 2010-09-08 06:00:00
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Bertrand Tavernier arborant une casquette publicitaire de <i>Dans la brume électrique</i>. PHOTO: Pascale Lévesque © TVA Publications Bertrand Tavernier arborant une casquette publicitaire de Dans la brume électrique. PHOTO: Pascale Lévesque © TVA Publications

Dans la brume électrique, film de Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones et John Goodman, le réalisateur français profite d’une histoire policière pour parler des fantômes sociaux qui hantent cet État.

Dans la brume électrique, avec Tommy Lee Jones et John Goodman, est l’adaptation d’un roman de James Lee Burke et se situe dans les bayous louisianais. Et, après avoir été projeté dans le cadre du FFM, le film arrive sur les écrans de la province le 10 septembre.

C’est la première fois que la version du réalisateur est montrée en Amérique du Nord, le producteur américain ayant exigé pour son marché un montage plus serré. «C’est la présence d’un fantôme - mais est-ce un fantôme ou est-il réel? - dans une enquête policière et dans un film noir qui m’a fait choisir ce roman. Non seulement je n’avais jamais vu ça au cinéma, mais cela recoupe beaucoup de thèmes qui sont présents dans mes films, notamment la manière dont le passé et le présent s’interpénètrent» explique le cinéaste lors de sa venue à Montréal.

Une Louisiane dévastée

Armé d’un scénario rédigé par Jerzy Kromolowski et Mary Olson-Kromolowski, il se rend chez James Lee Burke qui accepte d’ajouter des scènes et des dialogues. «Je donne toujours l’exemple du début du film où je n’arrivais pas à obtenir ce que je voulais. Je voulais qu’on soit dans le bayou, qu’il y ait une voix-off sans rapport apparent à l’intrigue. Deux ou trois heures plus tard, j’ai reçu un courriel [James Lee Burke] avec la scène qu’on voit à l’écran et le texte, qui est sublime.» Cette collaboration entre les deux hommes a d’ailleurs été constante, de même que celle entre le cinéaste et son acteur principal Tommy Lee Jones, choisi dès les débuts de la production pour incarner le personnage du policier Dave Robicheaux. «Tommy Lee Jones a été responsable d’une grande partie de la version finale, souligne Bertrand Tavernier. Il a peaufiné et raffiné les dialogues et pas seulement les siens. La scène de la salamandre, par exemple, est entièrement de lui.»

«Il y a quelque chose de hanté dans l’œuvre de Burke qui me plaît» ajoute le réalisateur. On croise, dans cette Brume électrique, non seulement les fantômes de la guerre de Sécession, mais aussi ceux de Katrina, élément d’actualisation auquel il tenait. «Cela nous a permis d’exprimer un état de déliquescence. La Louisiane, comme le répète Burke, c’est le tiers-monde. Ce n’est plus un État américain, c’est le Bangladesh, même si on y trouve une chaleur humaine qui me rappelle beaucoup ce qu’on ressent ici au Québec.»

Dans la brume électrique avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard et Mary Steenburgen prend l’affiche le 10 septembre au Québec.

 
 
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