Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute
Décharge d’adrénaline
Karine Vilder / 7Jours 2009-02-24 09:05:22
© Collaboration
Bon. Commençons par le début. Le narrateur, qui refuse de se nommer parce qu’il est traqué par toutes les polices du monde, braque une agence de la Poste française complètement dépassée côté systèmes de sécurité. C’est son dernier coup avant de prendre le large et d’échouer sur une plage subtropicale d’Asie, en compagnie de Karen, sa complice. Tous deux sont porteurs du syndrome de Schiron-Aldiss, un mystérieux neurovirus qui leur bouffe les neurones à la vitesse grand V, en provoquant des épisodes hallucinés d’états augmentés de la conscience semblables au NDE.
Malgré toutes les substances illicites qu’ils s’enfilent en mode continu pour tenter d’atténuer la violence de leurs crises, ils disjonctent quand même totalement la nuit où leur cerveau se branche en direct sur la station Mir, qui est alors sur le point d’exploser. Mais le saxophoniste Albert Ayler, version dernier cri de l’ange gardien, veille au grain: s’il parvient à sauver l’équipage, il achètera sa rédemption et saura enfin comment il a trouvé la mort en 1970. À condition, bien sûr, que le narrateur et Karen lui prêtent leur concours.
Est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi cette histoire complètement déjantée ne se laisse pas raconter facilement? Quoi qu’il en soit, nous vous la recommandons fortement. À mi-chemin entre le polar et la science-fiction, elle se lit d’un seul souffle, sans nous laisser le temps de respirer.
Notre appréciation : 4/5
Maurice G. Dantec, aux Éditions Albin Michel, 224 pages, 26,95 $





