Livres

De la variole à l’anthrax

L’histoire secrète des guerres biologiques

Karine Vilder / 7Jours 2009-03-24 10:22:40
Partager
© Collaboration © Collaboration
À plusieurs reprises depuis que le monde est monde, les hommes n’ont pas hésité à propager des maladies pour affaiblir leurs adversaires et ainsi remporter la victoire. En 1346, par exemple, les Tartares ont catapulté des cadavres de pestiférés dans la ville assiégée de Kaffa pour déclencher une épidémie au sein de la population génoise, tandis qu’en 1495, au cours de la guerre d’Italie, les Espagnols ont laissé derrière eux du vin contaminé avec du sang de lépreux. Mais, jusqu’à ce que Louis Pasteur n’établisse clairement en 1864 le rôle des germes, on ne pouvait pas vraiment encore parler de guerre biologique. Sans le savoir, et surtout sans le vouloir, Pasteur a inventé un nouveau type d’armes.

Bactéries, parasites, virus et champignons vont donc peu à peu commencer à proliférer aux quatre coins du globe dans des laboratoires ultrasecrets afin de tester leur virulence et leur contagiosité, et ce, dans des conditions parfois dignes des pires films d’horreur. Il suffit de penser aux expériences qui ont eu lieu au Japon dans les années 30 dans l’unité 731 du Dr Shiro Ishii, où plus de 3000 personnes désignées sous le terme de marutas (signifiant «bûche» ou «bille de bois» en japonais) sont mortes de la gangrène gazeuse, de la fièvre typhoïde, de la peste, du charbon ou du choléra. Et que dire des essais menés par les Américains à Fort Detrick au cours la Guerre froide, du programme Biopreparat de l’Union soviétique ou des virus visant spécifiquement les populations noires pendant l’apartheid!

Même si lire ce livre fait froid dans le dos, nous ne pouvons faire autrement que de l’encenser et de reconnaître que c’est l’un des meilleurs ouvrages de référence que nous ayons lus depuis longtemps. Non seulement pour l’ensemble de sa première partie, qui explique particulièrement bien l’histoire des épidémies de variole au fil des siècles et de toutes les conséquences qu’elles ont eues sur notre destin, mais aussi pour la qualité et le choix des renseignements qui s’y trouvent. Aucune histoire n’a été avancée sans être fondée; les quelque 50 pages de références, patiemment collectées qui suivent le cœur de l’œuvre, sont là pour le prouver.

Pour en savoir plus, nous vous invitons fortement à lire l’entrevue que nous avons réalisée avec Patrick Berche.

Notre appréciation: 4,5/5
Patrick Berche, aux Éditions Robert Laffont, 390 pages, 34,95 $

 
 
Toutes les critiques des 7 derniers jours
 
 
Envoyer à un ami Imprimer

Galeries photos

Autres nouvelles Livres

Pour le livre Juliette et Roméo

Louise Portal remporte un prix jeunesse

 
La chute de Sparte

Biz lance son deuxième roman

 
Mon amoureux est une maison d’automne

Mara Tremblay signe son premier roman

Entrevues

Sophie Prégent et Charles Lafortune

Photographiés par Julie Perreault

 
Michèle Barbara Pelletier

Loin des studios pour un long moment

 

Divertissement sur Canoe.ca

Dans votre 7 Jours cette semaine

Sophie Prégent et Charles Lafortune

- «Notre fils nous garde très unis»

René Simard

- Son grand retour sur scène

Roy Dupuis

- Parti deux mois en Inde

La Franchise

- Portrait des 12 candidats

Disponible en kiosque !