Livres

Marc Levy

Le combat de son père face aux nazis

Par Samuel Pradier / 7Jours 2007-07-12 14:50:44
Marc Levy Marc Levy © Guy Beaupré

Dans son nouveau livre, Les enfants de la liberté, Marc Levy raconte l’histoire vraie de son père et de son oncle, tous deux juifs, qui ont décidé de se joindre à la résistance ­durant la Seconde Guerre mondiale.


M. Levy, est-ce que vous parlez de votre passé familial pour la première fois?
Oui. Un jour, un des 20 personnages du livre m’a donné sa carte de visite et m’a dit: «Si tu veux connaître toute l’histoire, viens me voir.» J’avais 24 ans. Je suis allé chez lui et il m’a montré toute une série de documents, dont des archives de la police. Il m’a simplement dit que toute l’histoire était là et que, chaque fois que je voyais le nom de Jeannot, il s’agissait de mon père.


Votre père ne vous en avait jamais parlé?
Non, mon oncle non plus. Mais je comprends très bien pourquoi. Il y a d’abord une très grande humilité chez tous les hommes qui ont fait partie de la résistance. Et il y avait une volonté d’offrir une autre adolescence à leurs enfants. Quand on a vécu l’horreur de la guerre, il y a un appétit de bonheur et d’avenir. C’est comme une protection.


J’imagine que votre père a lu votre livre. Que vous en a-t-il dit?
Il a souri et m’a demandé comment j’avais fait pour retrouver tout ça. On en a parlé plusieurs fois depuis. J’ai voulu lui poser des questions, mais il m’a répondu que je venais d’écrire un livre de 400 pages sur ce sujet et qu’il ne pouvait rien me dire de plus. (rires)


Comment avez-vous travaillé pour retrouver tous les détails historiques?
Ça représente des années de recherche. Mon envie n’était pas d’écrire un livre d’histoire, mais de donner vie aux personnages. La difficulté posée par la recherche a été de reconstituer l’histoire de chacun d’entre eux. J’ai lu énormément de livres, et beaucoup de témoignages ont été livrés après la guerre. C’est aussi un travail d’enquêteur: on doit retrouver qui est qui, parce que tout le monde avait des pseudonymes.


Toutes les actions de la résistance que vous décrivez sont-elles vraies?
Tout est vrai, mais, quand Jeannot essayait de séduire Damira sur le banc, au bord de la Garonne, je n’étais pas là! (rires) J’ai simplement reproduit ce qui m’a été rapporté.


Ce livre est vraiment différent de vos romans précédents. Était-ce plus difficile à écrire?
C’était un vrai engouement, une vraie passion. J’ai écrit ce bouquin avec beaucoup d’amour — ce qui a représenté beaucoup de travail —, et, peut-être, avec l’envie sincère et honnête de dire aux lecteurs qui me suivent de me faire confiance et d’embarquer avec moi.


Quelle influence a eue cette ­histoire paternelle sur votre vie?
Je comprends mieux d’où me vient ce goût pour l’humilité, ce goût de l’étranger et cet amour de la tolérance. Et aussi peut-être le goût que j’ai eu d’avoir davantage foi en les hommes qu’en la religion.


Comme chacun de vos livres, ce dernier est déjà un best-seller. Qu’est-ce qui fait votre succès, selon vous?


La recette, c’est qu’il n’y en a pas. Je n’ai pas le temps d’analyser ça, ce serait trop narcissique. En même temps, il faut relativiser les choses; je n’ai pas inventé un vaccin. Je pense que la chance y est pour beaucoup. Et comme je ne suis pas vraiment conscient de cette chance, je travaille beaucoup pour essayer de mériter une partie de ce succès.


Travaillez-vous déjà à un nouveau livre?
Je travaille à un roman d’aventure qui, dans le style et dans la manière de travailler, ressemble davantage à mes romans précédents.


Bientôt une maison au Québec?
Par Daniel Daignault

Marc Levy habite toujours à Londres, mais il songe sérieusement à faire l’acquisition d’une résidence au Québec.

«Ma femme est d’origine québécoise, elle est l’arrière-petite-fille d’Édouard Montpetit, et nous venons souvent ici, nous aimons beaucoup ce pays. Ce n’est pas du tout impossible que nous fassions l’acquisition d’une maison; nous y pensons énormément, raconte l’écrivain. J’adorerais venir tellement souvent au Québec qu’un jour, dans les librairies québécoises, plutôt que de classer mes livres dans la section littérature française, on les placerait dans la section littérature québécoise», ajoute-t-il en souriant.

Après l’adaptation de son roman Et si c’était vrai au grand écran, dans lequel Reese Witherspoon tient le rôle principal, Marc Levy verra aussi son livre Mes amis, mes amours adapté au cinéma par sa sœur, Lorraine Levy. Le tournage débutera à Londres en septembre prochain.

 
 
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