Guillaume Musso
Que serions-nous sans lui?
Karine Vilder / 7Jours 2009-06-23 10:00:51
Guillaume Musso, auteur de Que serais-je sans toi?, aux Éditions XO
Comment expliquez-vous votre immense popularité?
Je pense que j’essaie justement de ne pas l’expliquer, de ne pas la rationaliser, car la relation qui me lie à mes lecteurs est comme une relation amoureuse. C’est une alchimie qui ne s’explique pas. Je reçois 10 000 courriels par an, et ce qui en ressort le plus souvent, c’est: «Vos livres nous font du bien, ils nous permettent de nous évader du quotidien.» Les gens se sentent proches de mes personnages parce qu’ils sont bâtis sur des failles plus que sur des faits héroïques.
Être aussi populaire vous rend-il la tâche plus difficile d’un roman à l’autre?
Mieux vaut ne pas se poser la question car, si on commence à écrire en se disant qu’on sera lu par un million de personnes, c’est dur! Il faut aussi savoir que les gens achètent mes romans parce qu’ils aiment mes histoires, pas parce qu’ils m’ont vu la veille à la télévision. Je suis le produit du bouche à oreille; les gens se sont conseillés et se sont passé mes romans. Mes histoires sont plus populaires que moi.
Que serais-je sans toi? est votre sixième roman. Comment l’histoire vous est-elle venue?
Il y a plusieurs choses. Toute l’histoire liée au voleur d’art remonte à mon adolescence. Lorsque j’avais 14 ans, mes parents m’ont fait visiter les plus beaux musées parisiens. Et là, dans mon imagination, est née la scène du cambriolage au musée d’Orsay. Je voulais aussi écrire un roman sur le premier amour, parce que c’est un amour particulier qui est porteur de moments magiques et qui peut être très douloureux quand il se termine. Je pense que la façon dont on va vivre ce premier amour va conditionner le rapport qu’on aura avec le sexe opposé dans les années qui suivront.
Étiez-vous un fan de Maurice Leblanc?
C’est clair que le personnage d’Archibald est une sorte d’Arsène Lupin moderne. Mais c’est aussi le Sean Connery de Haute voltige. En fait, je l’ai constitué en m’inspirant d’un mélange de bandits qui opèrent avec brio. Je voulais faire un personnage qu’on aime malgré nous. Un esthète qui apprécie les jolies choses mais qui a aussi une faille. J’ai pris beaucoup de plaisir à le créer et je sais déjà que, de tous les personnages que j’ai créés, c’est celui que les gens trouvent le plus sympa.
Comment faites-vous pour écrire tout en étant professeur d’économie?
C’est simple: j’ai arrêté d’enseigner en septembre dernier. Ça devenait difficile de concilier ces deux carrières. Maintenant que mes romans sont traduits dans une trentaine de langues, j’ai envie de rencontrer les lecteurs d’autres pays. Ça marche beaucoup en Corée du Sud, par exemple, et j’ai envie d’accepter certains voyages. J’ai donc décidé de mettre entre parenthèses ma carrière d’enseignant pendant deux ou trois ans.
Que serais-je sans toi? n’est-il pas le titre d’une chanson?
Que serais-je sans toi? est un poème d’Aragon mis en chanson par Jean Ferrat. J’aime beaucoup la culture populaire, en particulier la variété. Les titres, c’est à la fois compliqué et simple à trouver. Là, j’ai voulu rendre hommage à Aragon, un poète que je lis depuis l’adolescence. Dans le poème, l’amour est envisagé comme une sorte de drogue. Toutes les personnes sont en manque d’amour et elles n’arriveront à trouver la sérénité que lorsqu’elles trouveront l’âme sœur. Le titre est lié à ça.
Comment savez-vous que vous tenez le sujet de votre prochain roman?
C’est comme en amour: il y a un moment où il est évident que vous tenez la bonne personne.
Avez-vous un projet en cours?
Depuis la fin de l’écriture de Que serais-je sans toi?, je ne me suis pas replongé dans un projet. Je n’ai pas encore véritablement décidé sur quoi j’allais travailler. Depuis deux ans, j’ai envie de faire commencer une histoire à l’aéroport de Montréal. J’y ai vu une jeune fille faire quelque chose, et ce quelque chose m’a donné envie d’en faire un début d’histoire. Alors il n’est pas impossible que le prochain roman que je vais écrire commence avec une jeune fille à l’aéroport de Montréal!





