Livres

Marcia Pilote

Une entrevue comme on l’aime

Karine Vilder / 7Jours 2010-03-09 10:00:54
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Marcia Pilote © Courtoisie Marcia Pilote © Courtoisie
Forte du succès que lui ont valu ses Chroniques d’hiver, la comédienne et animatrice Marcia Pilote revient avec un deuxième tome, Chroniques d’été. Comme nous n’avons pas eu la chance d’en faire la recension en septembre dernier, on se rattrape avec une longue entrevue!

Marcia Pilote, comment ces chroniques ont-elles vu le jour?
En 1992, après cinq ans de maternité, j’ai ressenti le besoin de mettre sur papier ce que je vivais, qu’il s’agisse de réflexions sur mes états d’âme ou de trucs humoristiques survenus pendant les cours de natation. Je trouvais que ces observations méritaient d’être notées, parce que certaines d’entre elles étaient de vraies perles et qu’il aurait été dommage qu’elles tombent dans l’oubli.

Par contre, je n’ai jamais pensé que, presque 20 ans plus tard, ces notes allaient prendre la forme de chroniques et que j’aurais envie de les partager avec le public.

Pourquoi ne pas l’avoir fait en créant un blogue?
Je voulais que les lectrices se sentent en tête-à-tête avec moi. Quand on écrit des textes sur un blogue, c’est rare qu’on les imprime pour les lire dans le bain. Je trouve que le livre-objet est très important lorsqu’on veut établir un lien d’intimité entre l’auteur et le lecteur.

Je trouvais aussi que de courtes chroniques convenaient bien aux femmes qui n’avaient pas beaucoup de temps pour lire. Au début, je voulais écrire 365 textes qui allaient couvrir l’année, mais mes éditeurs ont eu l’idée d’en tirer quatre livres à la place. D’un point de vue pratique, ça se lit plus aisément qu’une grosse brique!

À qui destinez-vous ces chroniques?
Je les offre surtout aux femmes. Pas pour exclure les hommes, mais pour inclure toutes les femmes. Certains livres pour femmes sont écrits au masculin, et je trouve ça insultant. Je me suis donc dit que, si des hommes voulaient le lire, ils feraient tout simplement ce que nous, on fait chaque jour: de la transposition!

Grâce à une phrase, à une réflexion, j’aide mes lectrices à faire des prises de conscience qui leur donnent envie de vivre leur vie plus pleinement. Je reçois beaucoup de courriels de mes lectrices, et elles m’écrivent des choses qui me font pleurer. Je réponds à tous les courriels, ce qui est très enrichissant en termes de partage. Le commentaire que je lis le plus souvent? «Merci pour telle ou telle réflexion. Je croyais que j’étais la seule à penser ça.»

Comment vos sujets vous viennent-ils?
Ça peut être un souvenir qui remonte et que je relie à une situation actuelle, ou encore quelque chose que je suis en train de vivre.

Qu’est-ce que la rédaction de ces chroniques vous a appris sur vous?
J’ai rédigé le premier tome, Chroniques d’hiver en posant un regard sévère sur moi-même, un regard de l’ordre de la censure. Je me disais que les gens n’allaient pas être intéressés par mes réflexions, alors je ne l’ai pas écrit en pensant qu’il allait toucher un vaste public. Je n’avais pas cette prétention.

Mais quand j’ai su que j’avais vendu 20 000 exemplaires, j’ai compris que je pouvais m’autoriser à croire que ce que j’avais à dire touchait les gens et j’ai appris à faire taire la petite voix qui m’empêchait d’aller jusqu’au bout.

Est-il facile de parler de soi sans trop se censurer?
Oui, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de faire taire la petite voix. Cette petite voix est là pour tout le monde et elle est épouvantable parce qu’elle nous méprise. Mais maintenant, je ne l’entends plus.

Est-ce que tout ce dont vous parlez dans vos livres est vrai?
Tout! Je suis même parfois obligée d’en enlever un peu, car je me dis que les gens ne me croiront pas! J’écris souvent pendant que je suis en train de vivre la situation. Par exemple, une partie du texte Pleurer dans son char a été écrit pendant que je pleurais dans l’auto, tandis que le reste a été fait le lendemain.

Les femmes aiment beaucoup tout ce qui est de l’ordre du partage et tout ce qui les fait avancer. Je me sers de ce que je vis pour leur proposer des pistes de réflexion. Je suis allongée depuis maintenant 72 jours et j’ai compris qu’en ne demandant jamais rien dans la vie, on envoie aux gens le message qu’on n’a pas besoin d’eux. J’explique donc tout ça dans une chronique que je viens de rédiger et qui est intitulée Ma vie à l’horizontale.

Savez-vous quand Chroniques d’automne et Chroniques de printemps devraient sortir?
Je suis en train d’écrire Chroniques d’automne. Il devrait donc être en librairie vers la mi-août. Quant aux Chroniques du printemps, je pense que ce sera au cours du printemps 2011.

La vie comme je l’aime: chroniques d’été, Marcia Pilote, aux Éditions de Mortagne, 288 pages, 22,95 $

 
 
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