Des héros malmenés
Astérix et Tintin sont de retour
Karine Vilder / 7Jours 2009-11-02 10:00:35
L’ANNIVERSAIRE D’ASTÉRIX ET ’OBÉLIX
Astérix et Obélix ont eu 50 ans la semaine dernière: ils ont vu le jour en octobre 1959 entre les pages de l’hebdomadaire Pilote. Pour fêter les deux héros comme il se doit, Albert Uderzo a demandé à tous les personnages qu’ils ont côtoyés au fil des 33 précédents albums de leur offrir un petit cadeau ou un témoignage de sympathie.
Si l’idée de départ était plutôt chouette – les quatre premières pages nous permettaient d’espérer un scénario rigolo –, le résultat est franchement décevant’. L’absence de René Goscinny (qui est décédé en 1977 d’un arrêt cardiaque) se fait donc plus cruellement sentir que jamais. C’est à se demander si Astérix et Obélix retrouveront un jour un peu de leur verve et de leur humour d’antan.
Graphiquement, cependant, il n’y a rien à redire. Les dessins sont magnifiques et certaines pages sont même étonnantes. Dommage qu’une image ne vaille pas toujours 1000 mots pour compenser la faiblesse des textes...
Notre appréciation: 1,5/5 — René Goscinny et Albert Uderzo, aux Éditions Albert René, 58 pages, 16,95 $
COLOCS EN STOCK

Ce n’est pas tout à fait un nouveau Tintin mais presque, toutes les bulles de cette version de Coke en stock ayant été adaptées afin de refléter la langue d’ici. C’est Yves Laberge, sociologue de formation, qui s’en est chargé, et on ne peut pas dire qu’il y est allé mollo!
Qui aurait cru que des phrases comme «Comment j’va faire pour pas qu’i m’vouêye?» ou «Awoyez, capitaine, quossé qu’m’a faire?» allaient un jour sortir de la bouche de Tintin? Il faut le reconnaître, c’est assez déstabilisant au début. Est-ce qu’on s’y habitue? Honnêtement, pas vraiment. Non seulement parce que tous les personnages s’expriment à outrance en québécois– même au Khemed les Arabes parlent joual! –, mais aussi parce qu’on a l’impression que chaque mot a systématiquement été «traduit» pour nous en mettre plein la vue, et ce, dès la première case du livre.
Dans cette image, «Un soir, au cinéma» a en effet été modifié par «À la brunante, aux vues». Pourtant, qui emploie encore de nos jours le mot «brunante» de façon courante? Une question qui se pose, puisque cette version se targue d’être «une célébration de la langue française telle qu’on peut l’entendre de nos jours au Québec». C’est en tout cas ce qu’on peut lire sur la quatrième de couverture...
Notre appréciation: 1,5/5 — Hergé, avec les textes d’Yves Laberge, aux Éditions Casterman, 62 pages, 19,95 $





