Marc Levy
D’enfant rêveur à auteur multimillionnaire
Marie-Hélène Goulet / 7Jours 2010-02-02 12:04:00
Marc Levy vient de publier son 10e roman © Gracieuseté
Garçon curieux et rêveur, Marc Levy n’a jamais cessé de se demander: «Où commence l’aube?» Pas étonnant que l’écrivain prolifique ait fait germer dans la tête des héros de ses deux derniers romans le même questionnement.
Quelques mois après la sortie du roman Le premier jour, l’auteur conclut les aventures d’Adrian et de Keira dans La première nuit. Mélangeant l’aventure, la science, l’amour, l’histoire et le mystère, le récit suit les péripéties d’un astrophysicien et d’une archéologue qui ont fait une troublante découverte sur les origines de l’humanité. Leur trouvaille semble de si grande envergure que les deux scientifiques sont traqués de par le monde par des hommes armés qui veulent les faire taire.
Une routine qui fonctionne
Avec 10 livres en autant d’années, Marc Levy a franchi le cap des 19 millions d’exemplaires vendus. Évidemment, pour arriver à un tel résultat, celui qui s’est fait connaître grâce à Et si c’était vrai? s’astreint à une routine bien stricte. «Je crois à la vie de l’artisan qui travaille dans son atelier. En période d’écriture, je me mets tôt à la tâche dans mon bureau et j’écris toute la journée, sept jours sur sept», explique-t-il.
Bien qu’il avoue que sa femme le trouve parfois distrait lors de ces moments intenses, le Français de 48 ans se défend bien de jouer les ermites taciturnes lorsque l’inspiration lui vient. «Il n’y a rien qui justifierait un tel comportement! Je ne suis pas en train de mettre au point un vaccin, seulement d’écrire un roman. J’ai beaucoup de plaisir à le faire d’ailleurs. Le fait de raconter une histoire est tout à fait ludique pour moi», affirme-t-il.
Si sa productivité impressionne, l’écrivain traduit en 41 langues ne semble pas penser qu’il publie des histoires à un train d’enfer. «Il n’y a pas beaucoup de métiers pour lesquels les gens croient qu’il est surhumain de sortir un truc par année! Par contre, si je me retrouvais devant un roman qui nécessite deux ans de travail, je prendrais le temps, c’est sûr», souligne-t-il.
Des parents inquiets
Celui qui a rejoint la Croix-Rouge à l’âge de 18 ans a exploré plusieurs domaines, comme l’infographie et l’architecture, avant de laisser ses dons de conteur s’exprimer. On pourrait justifier cette confiance par des parents croyant plus que tout en ses moyens; pourtant Marc Levy nous confie: «Étrangement, mes parents étaient plutôt inquiets de nature. Je pense que j’ai fait tout ça pour leur prouver que j’en étais capable.»
Vivant à New York avec sa famille, le père d’un garçon adore la Grosse Pomme. «Nous y sommes vraiment heureux. Là-bas, il y a 163 communautés vivant sur un petit bout d’île. Nous changeons de pays en traversant la rue», s’extasie celui qui se décrit comme un New-Yorkais mais certainement pas comme un Américain. Expatrié depuis des années — avant il séjournait à Londres —, l’homme de lettres consent qu’il s’ennuie de l’Hexagone, mais avoue que son éloignement est stimulant sur le plan de l’écriture. «Je retourne en France deux fois par année et je trouve très doux de me nourrir de cette absence. Par contre, bien sûr, mes amis et ma famille me manquent parfois...»
Marc Levy, qui est déjà derrière son bureau en train de pondre un nouveau roman, ne dévoile jamais ce qu’il couche sur papier avant sa publication, comme par superstition. Tout de même, l’auteur nous a laissé savoir qui sont les auteurs dont il a lu les œuvres dernièrement: «Mes lectures sont hétéroclites. Je lis beaucoup lorsque je n’écris pas, et je ne lis pas du tout lorsque j’écris. Récemment, j’ai terminé La route, de Cormac McCarthy, et L’Arabe, d’Antoine Audouard.» Peut-être s’en inspirera-t-il pour son 11e bouquin...






