Michel Rivard
Entre l’OSM et Star Académie
Par Roxanne Tremblay / 7Jours 2008-11-19 10:38:57
Michel Rivard © Richard Lefebvre
Dès février prochain, il sera le professeur de création artistique de l'Académie. Il se retrouvera parmi une belle brochette d’enseignants, incluant un directeur des plus influents, René Angélil. Stéphane Quintal, Johanne Blouin, Patrick Huard, Sophie Faucher et Geneviève Dorion-Coupal complètent le corps professoral de cette quatrième édition.
M. Rivard, l’album Rivière… est une belle création artistique entre vous et l’Orchestre symphonique de Montréal; vos chansons connaissent un second souffle.
C’est une relecture complète qui était voulue depuis le début. Je voulais vraiment faire un concert et un album très loin des arrangements habituels. Si on ne fait qu’interpréter les mêmes arrangements avec un orchestre symphonique, quant à moi, ce n’est jamais heureux. Je voulais que l’arrangeur réécrive tout, que l’orchestre soit mis en valeur, je ne voulais pas d’un disque pop-symphonique. Nous voulions un vrai disque symphonique.
À l’écoute, on retrouve l’ambiance des musiques de films, même de comédies musicales. Êtes-vous d’accord avec ces propos?
C’est un peu le but du jeu. Blair Thomson, qui a signé les orchestrations, s’est vraiment imprégné du côté théâtral et cinématographique des chansons. Je lui ai dit de ne pas se gêner! Le résultat a dépassé mes espérances, tout le monde a été subjugué par la qualité des arrangements.
Après tant d’années, tant de succès, ça doit être difficile pour vous d’être impressionné.
Les différents styles musicaux, classiques, jazz, pop, m’ont toujours intéressé. J’ai toujours eu du plaisir à ne pas tomber dans la facilité. Pouvoir jouer avec Susie Arioli, le lendemain avec mes musiciens à moi, et après avec un orchestre symphonique, pour moi ce sont toutes des facettes du même métier. Un métier que j’ai autant de plaisir à faire que j’en avais il y a 35 ans. Me permettre de vivre des choses comme ça, c’est peut-être une façon pour moi de rester en santé et d’avoir du plaisir.
En 35 ans de métier, vous n’avez jamais été blasé?
Non. Jamais. J’ai toujours fait ce métier selon mes désirs. Je n’ai jamais été esclave de quoi que ce soit. J’ai toujours décidé quand je faisais quelque chose et quand je cessais de le faire. C’est sûr qu’il y a des moments où j’ai hâte de me reposer et de décrocher. Mais je n’ai jamais eu de doutes ni de remises en question par rapport à ce que j’aime faire dans la vie.
Votre père, Robert Rivard, était un comédien apprécié; de votre côté, vous faites carrière depuis 35 ans. Lorsqu’on cumule vos deux carrières, vous représentez 60 ans de culture au Québec, ce n’est pas rien!
(Il rit) Mon père a participé aux débuts de la télévision dans les années 50. Tout petit, je le voyais dans des téléromans très populaires. Il a participé à plein d’expériences théâtrales, en plus de s’être impliqué au sein de l’Union des artistes. J’ai poursuivi son travail tout en restant moi-même. Comme tout bon adolescent, on rejette ce qu’ont fait nos parents. Finalement, je regarde ce qui s’est passé: oui, je suis plus dans la chanson que dans le théâtre, mais c’est mon père qui m’a appris à aimer et à respecter le métier.





