Mononc’ Serge
«Je cultive la vulgarité»
Vanessa Schneider / 7Jours 2008-12-22 13:52:04
Mononc'Serge © Claude Denis
Dans la publicité de la tournée, on peut lire : Ô nuit de paix mon cul! Pourquoi?
Quand on monte un spectacle, on ne le fait pas avec une démarche marketing; on fait de la musique metal alors on attire les gens qui aiment ce genre de musique. Ça comporte une énergie presque violente, une agressivité qui est assez peu compatible avec les fêtes…
En collaboration avec Anonymus, tu as sorti l’album Musique barbare le 18 novembre dernier, votre deuxième effort de groupe après L’Académie du massacre paru en novembre 2003.
Pour le premier album avec Anonymus je ne m’attendais pas vraiment à ce que ça fonctionne parce que le metal est plus marginal. Mais ça a été le meilleur vendeur de tous mes albums! Les gens qui aiment le metal sont vraiment ardents : ils viennent aux concerts, ils achètent les CDs et les t-shirts. Ils sont intenses et passionnés. Je crois aussi que l’association de Mononc’ Serge et d’Anonymus est un peu comme un phénomène de curiosité.
Comment est née ton association avec Anonymus?
Je ne faisais pas de metal avant, j’étais plus comme un Plume Latraverse, avec mon humour acide, attaquant des personnalités publiques en termes assez virulents; je cultive la vulgarité. De fil en aiguille, j’en suis arrivé à faire de la musique plus metal et lors de festivals, j’ai rencontré Anonymus. Ils me connaissaient vaguement et moi je ne les connaissais pas du tout. Ils m’ont invité à aller chanter avec eux (NDLR en 2001 au Festival Polliwog) une de mes chansons. Le résultat a donné des adéquations intéressantes entre leur musique et la mienne : j’ai une démarche plus approfondie dans mes textes et eux une musique metal qui alimentait le tout. L’agressivité de mon humour collait très bien à leur genre : mes textes tempèrent leur musique. On fait du metal, mais sans être cynique!
As-tu déjà regretté avoir dit quelque chose publiquement?
Honnêtement je n’ai pas de regret. Les choses que je regrette ce sont les mauvaises chansons que j’ai écrites! (rires) J’ai déjà fait des choses que je ne trouve pas correct, mais je ne les regrette pas. Ma nature baveuse a sa raison-d’être dans mes chansons, ça participe à l’effet comique de la toune. La hargne renforce la nature humoristique de ma musique. Je ne me réveille jamais en pleine nuit, avec des regrets…
En entrevue tu es très différent de tes prestations sur scène, comment expliques-tu cette dichotomie?
Je n’ai jamais vu Mononc’ Serge comme un personnage. Ça remonte au secondaire, en faisant des présentations orales, j’ai développé cette façon-faire. Quand tu es devant un public, quand tu les brasses un petit peu, ils t’écoutent, tu captes leur attention. J’étais très, très timide en classe; mes profs ne me reconnaissaient même pas quand j’étais sur scène! Je me débrouille mieux devant une foule qu’en privée. En spectacles je mets de l’attention sur ce qui se passe entre les tounes. C’est vital pour moi! J’aime la mise en scène, mais pas trop. Je me laisse beaucoup de jeu pour improviser.
C’était planifié que votre rentrée montréalaise concorde avec le temps des fêtes?
Plus ou moins. Je fais toujours des shows entre Noël et le jour de l’an. Le défoulement de mes spectacles va chercher l’esprit de fêtes et de party des gens. C’est devenu une tradition…et ça aide à faire digérer la dinde!
Une chanson cachée
Que fera Mononc’ Serge pour Noël?
Concerts, concerts et promo! Noël se passe pas mal sur la scène pour moi.
Quel serait ton cadeau idéal cette année?
Des esclaves! (rires) Ça baisserait mon budget de production et ils pourraient s’occuper de ma maison. Il faudrait qu’ils soient forts physiquement pour faire des rénovations!
Quels projets font partie de ton futur près?
Je crois qu’on va produire un vidéoclip pour la toune Woodstock en Beauce. Même si rien n’est confirmé encore, ça risque d’être ça. Et en février 2009 j’irai en France avec Anonymus faire la promo de notre album. On a déjà huit concerts de confirmés.
Avis aux curieux…
Sur l’album Musique barbare, il y a une chanson cachée, chose que Mononc’ Serge regrette! À la fin de la dernière chanson, Sous-marin brun, si vous attendez quelques secondes, il y a une chanson bonus intitulée L’Underground. Selon le principal intéressé : «Deux jours avant de remettre la version finale on choisissait encore les tounes à mettre sur l’album. Pour l’uniformité du son on a décidé de cacher cette chanson… Et là presque personne ne connaît son existence!» Autres infos à mononc.com et anonymusmetal.com. L’album Musique barbare est en vente partout.





