Album Tu m'intimides
Mara Tremblay au naturel!
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-01-23 10:20:46
Mara Tremblay © Jean Langevin
Mara, comment décrirais-tu ton nouvel album, Tu m’intimides?
C’est le disque qui me ressemble présentement. À chaque CD, j’essaie de dresser un portrait de moi, de comment je me sens dans le moment. Je suis vraiment fière des trois autres albums, car ils représentent exactement là où j’en étais à l’époque. J’avais besoin de faire de la musique qui me surprenait un peu, encore plus que d’habitude, de par les rythmes. Je voulais aller chercher au départ toute la couche en dessous, la base, quelque chose qui crée un voyage différent.
L’arrangement pour les cordes est d’Antoine Gratton. Quelle touche apporte-t-il à l’album?
C’est un génie, un compositeur extraordinaire! Il m’avait engagée pour jouer du violon sur des arrangements qu’il avait faits avec d’autres artistes. C’est à ce moment-là que j’ai constaté son talent d’arrangeur et de compositeur classique. Ça m’a soufflée! Depuis, il est devenu mon amoureux! J’avais envie qu’il ajoute sa petite touche à mon CD. Comme il a été parti tout l’été, il a juste réussi à faire ça, alors qu’il aurait pu aussi jouer du piano, entre autres choses. Mais ç’a été son apport!
As-tu une chanson coup de cœur sur l’album?
Non, tout le monde me demande ça! (rires) Pour l’instant, l’album n’est même pas encore sorti. J’aime toutes les pièces, elles sont toutes différentes. Il y en a qui sont un peu plus dures à écouter pour moi, car le sujet est un peu sensible. Chacune a son histoire, son émotion propre. Il n’y en a pas une qui parle de la même chose.
La pochette est magnifique: on t’y voit nue, en toute simplicité. Pourquoi avoir choisi ce concept?
J’avais envie d’avoir un portrait de moi. Sur la pochette de mes autres albums, j’étais plus cachée. Un cover, c’est assez conventionnel d’habitude. La photographe Valérie Jodoin-Keaton avait pris, pour un autre projet, une photo de moi sur laquelle j’avais un genre d’air confiant comme ça. Je trouvais ça hot qu’elle soit capable d’aller chercher ça. D’un clic, elle n’a pris qu’une photo, et c’était celle-là! Je trouvais ça hallucinant! Je voulais que ce soit cette photographe qui fasse un portrait de moi. Mais elle a refusé au départ parce qu’elle était enceinte de neuf mois! Elle m’a rappelée une semaine plus tard pour me dire que,finalement, elle le ferait. Ça m’a vraiment touchée.
Crains-tu, comme ç’a été le cas pour Caroline Néron, qu’on considère cette photo comme un simple coup de marketing?
Non, car je la trouve artistique. C’est un portrait. Je n’ai pas de seins à vendre. Ce n’est pas du tout sexuel. Je pense que tout le monde est nu d’une certaine façon! (rires) J’ai une amie qui est peintre et qui a réalisé beaucoup de toiles de moi nue. Je suis donc habituée et je suis à l’aise avec ça au départ. Je suis née en 69, à une époque où les gens étaient assez libres… Mes parents l’étaient assez aussi, dans la belle voie de la chose, sans vulgariser. Mais c’est sûr que je ne voulais pas que le CD passe inaperçu à une époque où les albums sont difficiles à vendre. J’avais envie qu’il se démarque un peu.
Pourquoi avoir donné le titre de la pièce Tu m’intimides à l’album?
À cause de la photo. Je l’avais fait faire, puis j’ai composé la chanson pour appuyer le cover de la pochette. Avec une photo comme celle-là, sur laquelle j’ai un regard très assuré, on trouvait qu’il était intéressant d’aller chercher cette touche qui évoque en même temps la force et la faiblesse.





