Porte-parole du 41e Festival international de la chanson de Granby
Le conseil de Daniel Boucher: rester soi-même
Jessica Paradis / 7Jours 2009-02-23 14:20:56
Daniel Boucher © Guy Beaupré
On lui a refusé deux fois de participer au plus important concours de chanson francophone du Québec, mais il a accepté de représenter l’événement cette année. Rencontre avec Daniel Boucher, un homme qui croit en la propulsion de la relève musicale et au rayonnement de la francophonie.
Daniel, qu’est-ce que ça te fait d’avoir été choisi pour représenter le festival?
Je prends ça comme un honneur et je considère ça comme une responsabilité parce que je suis passé par cette étape-là, moi aussi, il n’y a pas si longtemps! Maintenant, on commence à me demander de donner un coup de main à ceux qui veulent qui veulent chanter ! J’ai eu ce coup de main à Petite-Vallée, il y a 10 ans. Là, c’est à mon tour d’aider les autres… à Granby!
Mais ce n’est pas Granby qui t’a fait connaître…
Je me suis présenté deux fois au Festival de la chanson de Granby et j’ai été refusé. Je n’ai jamais traversé les auditions! La deuxième fois, le juge m’a dit: «Écoute, Daniel, tes textes sont complètement dépassés.» Il m’a regardé dans les yeux et il m’a dit: «On ne chante plus comme ça aujourd’hui.» Alors, ce que je veux dire à ceux qui veulent chanter dans la vie, c’est: «Sois toi-même le plus possible, parce que c’est la seule façon de durer dans ce métier-là.»
Ta double exclusion ne t’a pourtant pas empêché de te rendre où tu es…
Ce que j’ai vécu à Granby, ç’a été une épreuve. J’ai trouvé ça dur, mais j’ai fais: «O.K., il y en a qui vont aimé ça, d’autres non. Est-ce que c’est vraiment ça que tu veux faire? Oui. O.K.» J’ai continué. C’est important d’être soi-même parce que c’est la seule façon d’être différent des autres. Granby, ç’a été une remise en question, mais aussi la décision de continuer. C’est comique d’être le porte-parole aujourd’hui!
Qu’est-ce qui fait qu’on continue à croire en ce qu’on fait, qu’on persévère?
C’est difficile, mais c’est le fait de se dire: «Bon, il y a une personne qui m’a dit ça. Est-ce que je vais arrêter à cause de cette personne-là? Est-ce que je vais baser ma carrière sur un commentaire? Non.» Quand tu t’inscris à Granby, tu es encadré par des professionnels. Tu as des formations, des commentaires sur ton travail et, à travers tout ça, tu apprends à devenir toi-même, et c’est en étant toi-même le plus possible que tu vas réussir dans ton métier. La plus grosse étape, c’est de se trouver. Un coup que tu t’es trouvé, tout se place!
Selon toi, qu’est-ce que Granby peut offrir de plus important aux jeunes de la relève musicale francophone?
Ce que tu peux aller chercher à Granby, c’est de l’expérience de scène dans des conditions professionnelles et, ça, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est important. Ça compte aussi. Il y a beaucoup de gens qui sortent des disques mais, quand arrive le temps de monter un show, ils ne sont pas à l’aise. Il faut être à l’aise!
Ton rôle comme porte-parole du festival se limitera à quoi?
Ça va être d’être présent, d’être une oreille. Je vais essayer d’écouter ce que les participants ont à dire, de leur parler de ce que je vis, parce que personne ne vit ce métier-là de la même façon! Je vais aussi essayer de répondre à leurs questions, s’ils en ont, du mieux que je peux, avec le peu que j’ai vécu, parce que j’ai quand même seulement 10 ans de carrière!
Mais tu es bien placé pour conseiller! Disons que tu t’es bien débrouillé…
Daniel prépare présentement son prochain spectacle, qui sera à l’affiche au Club Soda les 22, 24 et 25 avril prochains. Vous pouvez par contre le voir avant, puisqu’il est aujourd’hui invité au tournage de l’émission Ça manque à ma culture, qui sera diffusée mercredi prochain sur les ondes de Télé-Québec.





