Clôture du Festival Montréal en Lumière
Monique Giroux présente Paris pour moi...
Jessica Paradis / 7Jours 2009-02-27 11:23:08
Monique Giroux © Frédéric Auclair
Elle a été choisie pour mettre en scène le spectacle-hommage à la Ville lumière, que nous verrons samedi soir au Théâtre Maisonneuve. Sur scène, Michel Fugain, Catherine Major, Betty Bonifassi (la chanteuse de Beast), Thomas Hellman et Nathalie Lhermitte revisiteront des classiques français de manière à refléter le Paris de 2009.
Nous avons rencontré Mme Giroux au Café-bar de la CinéRobothèque, où elle jouait une mélodie au piano dans le cadre de la quotidienne de Fréquence libre, l’émission qu’elle anime à la radio de Radio-Canada.
Monique, la préparation du spectacle Paris pour moi… doit occuper beaucoup de votre temps!
Oui, pas mal! En fait, je réfléchis à ça depuis le mois de mai l’an passé. C’est à ce moment-là qu’Alain Simard m’a demandé de m’occuper de ça. J’ai fait beaucoup de recherches, parce que des chansons sur Paris, il y en a des centaines, voire des milliers! J’avais une grande page blanche, et je devais choisir environ 20 chansons et des interprètes pour les chanter. C’est très le fun de faire ça, parce que c’est de la création pure.
Est-ce que vous aviez un point de départ?
Paris! Montréal rend hommage à Paris. C’est tout!
Affectionnez-vous cette ville de façon particulière?
Oui! Paris, c’est un peu ma deuxième ville d’adoption. J’y vais quatre ou cinq fois par année. Comme je fais carrière dans la chanson depuis 25 ans, je suis souvent allée à Paris mais, au-delà de ça, mes amis les plus chers sont à Paris, j’ai des habitudes à Paris…
Vous avez une autre vie là-bas…
Oui, exactement. C’est la ville où je me sens le mieux, celle que je connais le mieux dans le monde (à part Montréal), et j’ai une belle relation avec elle. Ça remonte à ma tendre enfance! J’avais envie, dans le spectacle, de faire un hommage pas du tout passéiste. J’avais pas envie des clichés du vieux Paris. Je souhaite que ce show soit moderne. Paris 2009, ça existe.
Comment comptez-vous vous y prendre?
Par des commandes que j’ai faites aux musiciens et au chef, Dan Thouin, en leur expliquant que je voulais ça brut! En fait, je lui décrivais New York, Montréal… sur des chansons de Paris, qui sont parfois d’une autre époque. La mise en scène, c’est de pouvoir dire: «Celle-là, je la veux plus sale. Salis-la! Goudronne-la! Sable-la au gros grain!» J’ai donné aussi carte blanche à VJ Pillow et à VJ Mademoiselle. Ils sont présents constamment dans le show.
Comment avez-vous choisi les chanteurs
J’ai pensé d’abord à leur sensibilité et à leur connaissance de Paris. Thomas Hellman et moi, on est souvent allés à Paris ensemble. Catherine a passé plusieurs mois en France. Elle a une façon de faire de la chanson qui est fortement inspirée de la chanson française. C’est bel et bien québécois et Catherine Major, mais je me voyais mal demander à Daniel Boucher, avec qui je suis aussi allée à Paris, de reprendre les chansons dans l’esprit que je voulais. Quant à Betty, ça m’a semblé une évidence, de par sa voix, son chien… Cet après-midi, en répétition, c’était extraordinaire! J’étais à terre! Elle fait Le billard électrique, de Piaf, À Paris, de Francis Lemarque, Paris canaille, de Léo Ferré, Il est cinq heures, Paris s’éveille, en duo avec Thomas. Ils l’ont américanisée; c’est presque une toune folk. C’est ben ben bon!
Décrivez-nous un peu la scène.
Il y a un écran qui occupe toute la scène. C’est 40 pi sur 22 pi, et il y a des projections pendant tout le show. Des projections de Paris, des évocations… Des fois, c’est pas forcément Paris, parce que ce n’est pas une cassette vidéo touristique! Mademoiselle est folle de Paris! Elle connaît bien! C’est fou ce qu’ils sont arrivés à faire! J’ai dit aux deux VJ que je veux que les gens qui connaissent Paris sortent du show, après une heure et demie, en disant: «Eh! Je viens d’aller à Paris!» et que ceux qui n’y sont jamais allés aient l’impression d’y être allés un peu!
Fait-on des voyages dans le temps ou est-ce strictement moderne?
On voyage! Nathalie Lhermitte chante du Piaf toute seule à l’accordéon. C’est incontournable! Les chansons sont structurées comme elles l’ont été. On ne peut pas recomposer les chansons, mais elles sont teintées de l’audace et de l’avant-gardisme musical montréalais. C’est Montréal qui salue Paris!
Paris pour moi…, au Théâtre Maisonneuve, demain à 20 h





