The Spleen : en spectacle à Montréal
«Il faudrait davantage cultiver une fierté de ce qui vient d’ici» -Francis Frenette
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-03-22 22:20:13
The Spleen © Collaboration
The Spleen: le nom est encore peu familier à Montréal. Le groupe a toutefois séduit Québec avec son premier album, No more, lancé en mai dernier. Âgés de 20 à 24 ans, les cinq jeunes débarquent à Montréal mercredi prochain avec leur musique aux accents Britpop alternatifs, un son peu commun dans le paysage musical québécois. 7jours.ca a rencontré Francis Frenette (voix, guitare) et Julien Martel (guitare). Prêts pour un saut hors des sentiers battus?
Le groupe a été fondé il y a près de trois ans par Francis Frenette et Steeve Marchand (basse). «Nous avons toujours trippé sur le même genre de musique. Nous avons joué dans des groupes de reprises pour se faire la main un peu. Je n’étais pas encore tout à fait prêt à montrer mes propres compositions. Comme Steeve est un ami d’enfance, ça s’est fait naturellement», raconte Francis.
C’est lors d’un voyage en Europe que les deux acolytes ont commencé à mijoter l’idée d’un band. «Quand nous sommes revenus, poursuit le chanteur, le frère de Steeve qui est le batteur du groupe (Pierre-Luc Marchand), s’est joint à nous et nous avons réellement commencé à monter les pièces à trois. Ensuite Julien et Viviane (Lavoie) s’y sont ajoutés.» The spleen voyait le jour.
L’Europe a également été d’une grande influence musicale pour le jeune groupe. «Cet album-là est un ramassis de toutes nos influences. Nous écoutons chacun des musiques assez variées, mais ce qui nous réunit vraiment, c’est la musique britannique», mentionne Julien.
Malgré une certaine homogénéité musicale sur No More, Francis admet que le groupe n’a pas réellement suivi de ligne directrice: «Je n’aime pas les albums qui sonnent pareillement de A à Z. Justement, sur No More, ça se promène pas mal. Ça passe de ballades à des trucs vraiment plus lourds.»
La langue de Shakespeare inspire
Traduit de l’anglais, spleen signifie rate. Il est possible de croire d’abord à une blague, mais les plus érudits auront tôt fait de reconnaître le terme popularisé par Baudelaire: «Ça représente un état mélancolique qui est là sans cause, sans raison. À la base, l’inspiration vient de là. Pourquoi j’aime m’installer au piano ou à la guitare pour composer? C’est pour filtrer un genre de mélancolie, l’exprimer à travers la musique», explique Francis.
À les voir s’inspirer d’un grand poète français, il est étonnant de constater que le groupe signe l’intégralité des textes dans la langue de Shakespeare. Or, pour le chanteur, «c’était naturel. Écrire en français aurait été forcer nos chansons. Prendre quelque chose qui coule naturellement et le traduire, ça n’aurait pas fonctionné. Nous avons toujours écouté de la musique en anglais. C’était naturel, et nous étions capables de le faire.»
Un spectacle intense
Un mot pour décrire The Spleen en spectacle: «Intense!» Mais selon Julien, le groupe est également très soucieux de préserver la sonorité de son matériel. «Nous sommes plus que fidèles à l’album.» Francis ajoute: «En show, nous trouvons le visuel très important. Nous avons monté un système de projection avec ordinateur.»
Les musiciens présentent également quelques pièces inédites, question de tâter le pouls du public, et même des covers, dont la pièce Toxic de Britney Spears. «Revisité à notre sauce, c’est surprenant!»
Des radios frileuses
Si The Spleen est encore peu connu du public montréalais, il faut néanmoins mentionner que ses deux derniers spectacles étaient sold out: «C’est l’fun, les gens se déplacent et sont prêts à payer pour venir nous voir en spectacle. Les artistes vendent moins de disques aujourd’hui, mais je pense aussi que les spectacles attirent beaucoup.»
Le paysage musical québécois est certes riche, mais il lui manque toujours, selon eux, une certaine ouverture: «Peut-être que les radios québécoises devraient oser un peu. Je pense qu’on a un son qui se démarque. Il faudrait davantage cultiver une fierté de ce qui vient d’ici.»
Des échos hors Québec
Leur récente participation à l’événement Canadian Music Week, à Toronto, a retenu l’attention de l’industrie musicale japonaise: «Des gens du Japon ont trippé. Nous attendons de voir comment ça va se concrétiser de ce côté, mais il y a vraiment un grand intérêt. Nous voulons faire connaître notre musique au plus de gens possible, alors si nous avons une belle opportunité là-bas, c’est sûr que nous allons la saisir.»
Ancrer The Spleen dans le paysage musical québécois, canadien et international, c’est là toute la démarche du groupe. «Julien le dit souvent: c’est comme un tremblement de terre avec l’épicentre à Québec, et ça grossit de plus en plus pour toucher le plus de gens possible.»
Attention, public montréalais! L’onde de choc se fera sentir le 25 mars prochain au Petit Café Campus.





