En première partie de Francis Cabrel au Québec
«C’est un méchant beau cadeau!» -Catherine Durand
Yan Lauzon / 7Jours 2009-03-23 09:45:48
Crédit: Guy Beaupré.
Du 18 avril au 2 mai, dans plusieurs villes de la province, la chanteuse Catherine Durand aura l’occasion, voire le privilège, de se produire sur scène avant que Francis Cabrel n’en fasse autant pour sa série de spectacles au Québec.
Parmi ceux-là, quatre soirs à Montréal (au Théâtre St-Denis, du 21 au 24 avril) et trois autres à Québec (au Grand Théâtre, du 30 avril au 2 mai). Une chance rêvée pour elle de partager des morceaux de son univers avec un public qui n’est pas encore le sien.
À moins d’un mois de se retrouver en première partie de Francis Cabrel, l’auteure-compositrice-interprète ne cache pas sa joie d’avoir été choisie pour partager la soirée avec lui. «C’est un méchant beau cadeau», avoue-t-elle d’emblée en entrevue. Et ce n’est pas parce que les gens ne viendront pas uniquement pour elle que Catherine Durand ne voit pas la vie en rose. «Ce n’est pas mon public, mais celui de Cabrel devrait être ouvert à mes chansons. On se retrouve dans les mêmes eaux musicales», ajoute-elle.
Ce parallèle, c’est Paul Dupont-Hébert qui l’a si judicieusement tracé. L’homme, qui s’occupe des visites de Francis Cabrel au Québec et qui gère simultanément la carrière de Catherine Durand, a proposé au chanteur français d’écouter Cœurs migratoires, le quatrième et plus récent album de l’artiste folk. Il n’en fallait pas plus pour que les choses prennent cette agréable tangente.
Pour la chanteuse, le fait que les spectateurs se masseront d’abord pour voir et entendre quelqu’un d’autre a tout d’une belle stimulation. «Je prends ça comme un tremplin, car plein de gens ne me connaissent pas... C’est un beau défi. Une porte d’entrée. J’essaie seulement de ne pas penser plus loin.»
La recette du succès
C’est qu’avant même de penser à séduire nos cousins français, l’artiste doit maximiser le temps qu’elle aura avec cette «nouvelle» foule. Elle est bien consciente que la période mise à sa disposition pour faire plonger les spectateurs dans son univers est assez courte. En fait, elle aura droit à une vingtaine de minutes, ce qui ne lui donnera le temps de proposer que cinq de ses pièces. Par contre, son plan est précis et semble sans faille: «Je vais jouer sans prétention, avec simplicité et humilité. Je suis un peu comme un amuse-gueule. Je veux aller chercher les gens dans la foule.»
S’il y a un élément de stress incontournable à l’idée de monter sur scène moins d’une demi-heure avant l’une des vedettes les plus expérimentées et les plus populaires de l’Hexagone, Catherine Durand a, parmi tous les aspects positifs sur lesquels elle peut compter, une expérience qu’on a peut-être tendance à oublier quand il est question du Québec. La chanteuse s’est baladée sur de très nombreuses routes de la province au cours des dernières années. Elle a fait le tour du Québec, y donnant plusieurs spectacles.
Sur scène, elle sait qu’elle doit revenir à la base, faire les choses autrement que lorsqu’elle est la tête d’affiche de la soirée. Elle compte donc se présenter armée de sa guitare, avec deux musiciens. Le temps de cinq chansons, elle veut aussi proposer différentes sonorités qui s’harmonisent parfaitement avec son univers. Il y aura donc de la guitare électrique, de la basse, de la mandoline et, pourquoi pas, des percussions...
Sans savoir d’avance quelles compositions elle offrira soir après soir, Catherine Durand – qui assume maintenant pleinement son côté folk – a évidemment une petite idée de ce à quoi ressemblera sa carte de visite. Elle compte notamment livrer les deux premières pièces de son nouvel album paru l’automne dernier, Cœurs migratoires et Peine perdue. Une bonne idée pour faire connaître aux spectateurs la direction que sa carrière a prise.
Elle se donne encore le temps de réfléchir pour faire ses autres choix. «Je suis en train de cogiter tout ça. Je veux donner la meilleure représentation possible de mon univers pour le faire découvrir.»
L’importance de tout donner
C’est avec l’attitude la plus saine qui soit que Catherine Durand se prépare à réaliser ce défi. «Il faut livrer la marchandise tous les soirs. Comme si c’était le dernier spectacle de sa vie. Pour ne pas me décevoir, pour ne pas décevoir les musiciens et les gens présents. Il faut être préparée et avoir la meilleure attitude. Par contre, ce n’est pas une question de vie ou de mort.»
Impossible cependant de ne pas penser que le succès de ces représentations pourrait avoir une incidence sur une percée à l’étranger. Alors, où se situe la France dans tout ça? «J’essaie de ne pas trop y penser... Et puis, je veux être bien entourée pour ça. Il faut faire attention, avec la France. Je me méfie de ce qui est dit dans les médias sur les artistes qui percent là-bas», affirme sans hésitation la chanteuse.
Une certitude, Catherine Durand garde les deux pieds sur terre. Elle savoure le moment et compte l’apprécier à sa juste valeur lorsqu’elle se retrouvera sur les planches. Mais ne pensez pas qu’elle va s’emballer inutilement. On dirait que le dicton voulant que tout vient à point à qui sait attendre a été imaginé pour elle. «Je prends ça comme ça vient», répond-elle simplement.
L’après-Cabrel
Dès l’été, elle aura aussi du pain sur la planche, car sa nouvelle tournée débutera. En août, elle se retrouvera sur les routes du Québec pour faire entendre ses Cœurs migratoires. Sa rentrée montréalaise est prévue pour septembre. Pour l’occasion, elle se promet de livrer un plus gros show, avec trois ou quatre musiciens.
Après cette série de spectacles, la chanteuse compte se tourner vers la création d’un cinquième disque. Un album qui lui permettra une fois de plus de repartir à neuf. Car, pour elle, les anciennes compositions écartées précédemment n’ont pas leur place sur un nouvel opus.
Entre-temps, celles et ceux qui veulent suivre le parcours de Catherine Durand et obtenir les dates de ses prochaines prestations peuvent le faire sur son site Internet, www.catherinedurand.com. Quand son horaire le lui permet, la principale intéressée trouve également le moyen de rendre compte de certains de ses états d’âme dans un journal qu’on retrouve également à cette adresse.





