Musique

De passage à Montréal

Akon à la rescousse d’une industrie agonisante

Jessica Paradis 2009-03-24 09:14:49
Crédit: Jessica Paradis Crédit: Jessica Paradis

Akon était à Montréal hier soir pour faire la promotion de sa nouvelle protégée: Saschali. Il a profité de son passage en ville pour parler d’un site révolutionnaire pour l’industrie de la musique. Il s’agit de Hitlab.com, un véritable outil de fabrication de succès.

Akon travaille si fort sur ce projet, créé par un Québécois, qu’il pourrait y consacrer tout son temps… au grand désespoir de toute une génération.

Akon, nous savons que tu as découvert Lady Gaga. Dans quelle mesure encadres-tu maintenant sa carrière?

Lady Gaga a le potentiel d’aller très loin avec toute la promotion et le support qu’on lui donne. Elle s’est d’ailleurs déjà rendue à un niveau respectable en l’espace de quelques années. Si elle continue à travailler aussi fort, elle pourrait devenir l’une des plus grandes artistes de tous les temps.

Nous avons tous les outils qui permettent de mettre l’artiste et son produit sur le marché et nous avons un très gros budget pour la promotion. Nous jouons le rôle de l’agent, mais c’est l’artiste qui fait la plus grande partie du travail que l’on fait ensuite connaître à des millions de personnes. Au bout du compte, c’est à l’artiste de décider jusqu’où il veut se rendre et ce qu’il est prêt à faire pour atteindre cet objectif.

Akon, tout ce que tu touches semble se transformer en or. Quelle est la clef de ton succès?

Il ne faut jamais arrêter. Il faut trouver des façons d’innover, d’avoir un pas d’avance sur les autres. Hitlab.com s’est développé à partir d’un questionnement. On s’est demandé ce qu’on pouvait faire que les géants de l’industrie ne font pas et on s’est rapidement rendu à l’évidence: le digital est un outil puissant et son utilisation constitue pour nous la meilleure façon d’innover. Si on a le plein pouvoir sur le contenu et la distribution de nos produits, les maisons de disques viendront alors à nous et c’est précisément ce que l’on veut.

Tu es un entrepreneur qui représente donc une menace pour les exécutifs des géants de la musique…

Oui, mais nous sommes plusieurs à avoir longtemps travaillé pour eux et, en tant qu’entrepreneur, je ne veux plus travailler pour personne. Je veux créer ma propre compagnie et garder le contrôle sur ce sur quoi je travaille. C’est la seule manière de réellement s’approprier ses chansons.

Vous révolutionnez donc une industrie agonisante et ripostez contre son contrôle par les hauts dirigeants…

Je ne fais que trouver des moyens de m’en sortir avantagé. Si je ne fais rien, je serai également perdant dans tout ça. Les producteurs exécutifs ne comprennent pas le digital. Si ça se trouve, ils ne l’utilisent que pour consulter leurs boîtes de réception de courriels. On connaît le digital et on l’utilise à notre avantage. Il faut en profiter pendant qu’on le peut encore.

Les artistes que vous prenez à charge ont-ils atteint un niveau professionnel avant d’entrer en studio?

Certains arrivent et sont matériellement assez forts pour ne pas qu’on les entoure d’auteurs et de compositeurs avant d’entrer en studio. Nous leur fournissons le matériel et la visibilité. La suite relève d’eux-mêmes. Saschali, par exemple, avait l’énergie, l’ambition et la volonté, mais pas le matériel. On entrera bientôt en studio et une équipe travaillera à faire ressortir ce qui a le plus de chance de la faire rayonner dans l’industrie.

Pourquoi avoir choisi Montréal pour le lancement officiel de Hitlab.com?

Mes partenaires sont établis ici. De plus, s’il faut choisir entre Montréal et New York, Montréal est définitivement le premier choix, parce qu’il s’agit d’une ville plus ouverte. Aux États-Unis, on est plutôt fermés. Lorsqu’on te classe dans un genre musical, tu dois t’y restreindre.

Investirais-tu en une artiste Québécoise francophone?

Pamela en est une. Il y a tout un aspect lié au développement de l’artiste avec Hitlab.com. Lorsque nous avons pris Pamela sous nos ailes, elle ne parlait pas un mot d’anglais. Nous l’avons donc placée dans un programme pour qu’elle apprenne la langue. C’est drôle parce qu’elle chantait en anglais, mais elle ne savait pas ce qu’elle chantait! Ça m’impressionnait! En attendant maintenant que son anglais soit impeccable, nous la plaçons dans un marché francophone.

Serez-vous en ville lors du passage de Lady Gaga.

Non… Je vais manquer cela. Je serai en Afrique.

Akon, Hitlab.com prend beaucoup d’ampleur. Se pourrait-il que vous en arriviez à arrêter de faire de la musique et à ne vous consacrer qu’à ce projet?

Oui. En fait, c’est ce que j’ai l’intention de faire. Je veux relaxer et prendre ma retraite en regardant ma famille s’élargir.

Pour plus d'information sur ce qui se fait sur Hitlab.com, Akon vous invite à consulter le site.

 
 
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