(Fr)agiles, le 13e album d'Yves Duteil
«J'avais envie de sortir de mes propres sentiers battus»
Maxime Charbonneau / 7Jours 2009-05-27 10:06:22
7jours.ca a eu la chance de s’entretenir avec le célèbre chanteur français, bien-aimé des Québécois, en tournée de promotion dans la province.
Yves Duteil, vous êtes de retour avec un album de chansons originales après sept ans d’absence. Ce n’est pas un peu long, sept ans?
Oui, et moi aussi, je trouvais le temps long. Ce n’était pas par manque d’inspiration; il s’agissait plutôt d’une envie qui avait du mal à aboutir à de l’écriture. Je pense qu’écrire, ça veut dire aussi trouver des voies nouvelles, de nouvelles façons d’écrire, des sujets qui vont être en phase avec leur temps et trouver le chemin, pour à la fois se renouveler et être fidèle à soi-même.
Il s’agit de votre treizième album, et pour certains, le chiffre treize porte malheur. Êtes-vous un être superstitieux?
Je suis comme tout le monde... Je le suis, mais je le cache, je ne le montre pas trop. Sachez que le chiffre treize peut aussi être bénéfique. C’est le chiffre de la loterie, on joue le vendredi 13 (NDLR: en France), et c’est pour gagner, pas pour perdre. Donc, pour moi, la superstition ce n’est pas que dans un sens, ça peut aussi apporter des surprises.
Encore une fois sur cet album, comme sur les précédents, l’amour est très présent. Y a-t-il des thématiques, par contre, que vous abordez pour la première fois?
Toutes les thématiques sont des éclairages que j’aborde pour la première fois. Si je parle de Ma terre humaine, par exemple, c’est une approche sur la guerre, sur la vanité des combats qui conduisent à tuer au nom de Dieu. Deux enfants du Tamil Nadu, c’est une approche du tsunami. Fragile, c’est une chanson d’amour, mais c’est une chanson qui n’est pas juste pour dire je t’aime, c’est une chanson qui explique toute la délicatesse et la fragilité de sa fille, qu’on découvre en même temps qu’on admire. Ce sont tous des sujets qui sont très importants, éternels, universels, mais que j’essaie d’aborder, à chaque fois, de façon différente.
Sur ce nouvel opus, pour la première fois, vous avez travaillé avec des compositeurs, alors que d’habitude, vous écrivez vous-même les musiques. Pourquoi maintenant?
J’aime bien le brassage d’idées, je trouve qu’on pense mieux à plusieurs que tout seul. Donc, j’avais envie de sortir de mes propres sentiers battus, j’avais envie de briser un peu mes schémas personnels et de ne pas retomber dans une caricature de ce que j’aurais déjà fait. Alors, le meilleur moyen est de se mettre un peu en danger, et de proposer à des gens de travailler avec eux afin de briser des habitudes. J’ai fait appel à Art Mengo, avec qui j’ai fait une chanson en hommage à Claude Nougaro, et j’ai également demandé à Véronique Sanson de faire une musique avec moi. Dans l’esprit de certains, ça peut tellement sembler différent la musique de Véronique et la mienne, alors que pourtant, nous avons les mêmes racines: les Beatles, Chicago, etc.
Vous venez à peine de débarquer chez nous que, déjà, les médias n’en ont que pour vous. Est-ce toujours une surprise pour vous, de recevoir un tel accueil?
C’est une surprise, mais une bonne! Ça correspond au sentiment que j’éprouve quand je suis loin du Québec: j’ai envie d’y aller. J’ai toujours eu, vis-à-vis du Québec, une grande préférence, même presque avant d’y venir pour la première fois. C’est comme si je sentais que nous allions avoir une belle histoire ensemble, et cette belle histoire ne s’est jamais démenti. Yves Duteil reviendra au Québec au printemps 2010: il donnera une série de concerts dans toute la province.





