Rentrée montréalaise
Blues Delight a cinq ans
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-09-09 14:07:26
© GDutil
Deux albums acclamés par la critique et cinq années à promener son blues un peu partout à travers le Québec : voilà quelques-unes des nombreuses raisons de célébrer pour Blues Delight. Le groupe s’apprête à souligner une demi-décennie bluesy le 10 septembre prochain, lors de sa rentrée montréalaise au Lion d’or.
Les membres ayant tous des emplois stables, le blues est davantage une passion qu’un gagne-pain pour ce quintette, qui carbure aux influences grooves et aux intenses riffs de guitare. «Nous sommes tous dans la cinquantaine. Nous ne faisons pas ça pour la gloire et l’argent», mentionne d’emblée la tête pensante du band, Vincent Beaulne, également professeur adjoint au directeur artistique et professeur de chant au Camp de blues. «C’est vraiment plus pour triper, être créatifs et partager ce projet avec les gens.»
L’incroyable bagage amassé au fil du temps par Vincent Beaulne, Marco Desgagné, Gilles Schetagne, Laurent Trudel et Dave Turner leur confère assurément complicité, solidité et maturité : «Il y a quelque chose de simple là-dedans. On se dit les vraies affaires et tout le monde se comprend. Nous sommes des musiciens d’assez haut niveau mais en même temps, nous sommes des ti-culs dans l’âme!»
Dans un sourire, il admet que l’épopée Blues Delight a débuté après que son mandat de père ait été bien rempli: «Mes enfants sont grands. J’ai maintenant le temps de faire toutes sortes de folies. Et je voulais recommencer à faire du blues plus sérieusement. J’avais fait beaucoup de spectacles solos, et j’avais le goût d’avoir un band. Cinq ans et deux albums plus tard, le succès est au rendez-vous. C’est un beau projet qui est très enrichissant.»
Bob Walsh chante Blues Delight
Pour les festivités entourant son cinquième anniversaire, Blues Delight a retenu les services du bluesman québécois Bob Walsh, qui avait participé au premier album du groupe, Rock Island Land, en 2006. «J’ai commencé dans les mêmes années que lui à Québec. C’est un grand ami et un gars que j’admire beaucoup», confie Vincent. Le célèbre chanteur et guitariste y interprétera les pièces de la bande.
Les paroles occupant une place fondamentale au sein de son œuvre, le quintette ne nie toutefois pas l’importance de la musique. Leur deuxième opus met d’ailleurs de l’avant des envolées blues beaucoup plus intenses, teintées d’une ambiance festive qui risque immanquablement de se répercuter sur scène.
«Open All Night s’est développé à partir des grooves de guitare. Le premier album, lui, était très écrit. Nous avons un auteur qui travaille avec nous et nous avons mis un soin particulier sur les textes. Bien des gens croient que ce sont les solos de guitare, mais je pense que le blues, c’est d’abord et avant tout les paroles.»
Or, des récits percutants ne sont rien sans une ambiance sonore dynamique et propice, et Blues Delight affiche plutôt la combinaison gagnante. Tout en revisitant l’ensemble de son répertoire, il profitera ainsi du moment pour mettre le feu à la foule en laissant la part belle aux séances d’improvisation enflammées.
En solo
Le groupe faisant peu à peu sa marque au-delà des frontières québécoises, Vincent se voit quelque peu dans l’obligation de diminuer ses apparitions solos. Il sera néanmoins seul sur scène les 2 et 3 octobre prochains alors qu’il se produira dans le cadre du Festival October blues de Joliette.
S’il est d’avis qu’affronter une salle pleine est moins stressant en groupe, il admet néanmoins que les prestations solos lui semblent beaucoup plus faciles. «Seul, c’est comme si je ne pouvais pas me tromper. C’est sûr que si je suis plate, je suis mort! Quand tu joues en band, tu écoutes tout le monde et tu as constamment la structure de la pièce en tête.» Un cadre plus rigide qui n’empêchera toutefois pas les membres de Blues Delight de s’éclater et d’offrir une prestation endiablée au Lion d’or.
Blues Delight, accompagné de Bob Walsh et de la violoncelliste Sheila Hannigan, sera en spectacle le 10 septembre prochain au Lion d’or.





