Musique

Rentrée montréalaise

«J’ai un calme intérieur» - Anastasia Friedman

Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-10-08 10:00:14
Anastasia Friedman © Pascale M. Lévesque Anastasia Friedman © Pascale M. Lévesque

Anastasia Friedman portera sur la scène du Gésù le 8 octobre prochain une version acoustique de l’univers folk planant de son tout premier album solo, Full Circle, lancé en janvier dernier. Rencontrée au bar Miss Villeray, l’auteure-compositrice-interprète aborde avec fébrilité sa toute première rentrée montréalaise en solo.

Nous sommes à quelques jours de la date fatidique! Comment te sens-tu?
Je suis plus excitée que nerveuse. J’ai hâte de présenter le spectacle, de briser la glace. J’ai tourné beaucoup mais en formule plus acoustique, avec un seul guitariste et une choriste. Je serai cette fois-ci accompagnée d’Alexis Dufresne à la guitare, le fils de Louise Forestier, qui est un grand ami à moi. Simon Dolan sera à la basse et à la contrebasse, et Stéphanie Boulay, qui est ma choriste, jouera aussi du piano. On a passé une semaine à répéter, à déconstruire et reconstruire les chansons. Les dénuder et les épurer, c’était le morceau le plus technique. Je suis super confiante, et mes musiciens sont géniaux. Je me sens bien entourée.

Quel est le défi de transposer un album aussi étoffé en version acoustique?
Au début, on avait l’impression qu’il fallait vraiment remplir le son. Quand tu te retrouves avec seulement deux voix et guitares, tu crois qu’il manque quelque chose. Et finalement, tu réalises que le sentiment de la chanson peut être mieux transmis avec une formation réduite. Accompagné d’un gros band, tu es soutenu par tellement de musique que tu te donnes autant, mais c’est moins intime. En version acoustique, tu es nu devant le spectateur, mais il y a une vulnérabilité qui s’installe et qui est magique.

Quel genre de prestation réserves-tu à tes fans?
J’aime bien les symboles et je crois au karma. La vie a ses cycles. Full Circle pour moi, c’était la fin d’un cycle. Ce n’est pas négatif, car j’en commence un nouveau. Je veux représenter ça en symboles sur scène avec des éclairages théâtraux. Nous allons créer une ambiance très intime et très chaleureuse.

Full Circle a été lancé en janvier dernier, et la critique l’a encensé. Quel bilan dresses-tu de ces neuf derniers mois?
C’est satisfaisant. J’ai accompli certains buts. Pas tous encore, parce que je ne suis pas allée au Canada anglais. Je sais que ce n’est que le début, que l’album n’a pas encore été exploité à son plein potentiel. Tout coule comme je le veux, mais je suis rendue là où je le souhaitais. Je vais donc travailler encore plus fort maintenant pour atteindre un autre niveau.

Tu as délaissé un grand succès avec le duo Sky pour revenir quelques années plus tard avec un son te correspondant davantage. As-tu eu quelques regrets?
Non, vraiment aucun. Si j’étais restée plus longtemps, je me serais menti et là, je pense que je l’aurais regretté. J’aurais été hypocrite, et je n’aurais pas fourni ce qu’Antoine (Sicotte) attendait de moi. Au départ, je savais que ce serait une belle expérience mais en cours de route, il manquait quelque chose. Je ne me sentais pas complètement moi-même. Ce n’était pas fait pour moi.

Vous vous êtes séparés en 2002. Pourquoi avoir aussi attendu aussi longtemps avant de te lancer en solo?
Je devais trouver les bonnes chansons, le bon réalisateur et la bonne compagnie de disques. Tous les gens qui m’ont vu à travers ces années savent que j’ai toujours eu hâte. Là, c’est drôle, mais je n’ai plus hâte à rien! Ce n’est pas mauvais, car je me sens bien dans le présent. J’étais plus jeune et impatiente mais avec la sagesse et les années qui ont passé, j’ai un calme intérieur. Je savoure le moment présent.

En tant que jeune artiste, comment vis-tu la présente précarité de l’industrie du disque?
Le monde est devenu un consommateur précoce. Il veut tout immédiatement et la semaine prochaine, il y a quelque chose d’autre. Il y a un retard au niveau des compagnies de disques pour protéger les droits d’auteur. Il faut trouver un moyen pour que l’artiste puisse continuer de vivre et d’exprimer son art. J’aimerais croire que nous ne sommes pas en danger encore.

Anastasia Friedman effectue sa rentrée montréalaise le 8 octobre au Gésù.

 
 
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