Le retour de Jamil
Un spectacle et un nouvel album
Yves Boudreau / 7Jours 2009-10-06 14:00:14
Jamil © Archives TVA
Après avoir subi un grave AVC, le chanteur Jamil lance un nouvel album, À bas les roses!, et reprend son spectacle au Lion d’Or.
De toute évidence, le chanteur, le «roi de la Plaza» (il est propriétaire, avec des associés, du Petit Medley et du Gainsbar, sur la Plaza Saint-Hubert), est en forme. Tout de noir vêtu, avec sa redingote, il porte des bottes en caoutchouc quelque peu boueuses: «J’arrive de la campagne. J’ai fait l’acquisition d’une petite ferme où j’élève 70 canards et 25 chapons. D’ici deux semaines, je n’aurai plus d’animaux, je les envoie à l’abattoir.»
Jamil marche avec une canne, mais il récupère quand même assez bien de l’AVC qu’il a subi, l’automne dernier: «J’ai eu très peur. J’étais chez moi et je me suis mis à avoir un mal de tête terrible. Puis, tout s’est mis à tourner autour de moi. Je savais que je faisais un AVC. J’ai quand même pu composer le 911, et les ambulanciers m’ont conduit à l’hôpital Notre-Dame. Je n’ai perdu conscience qu’à mon arrivée à l’hôpital. J’ai eu une première intervention au cerveau, un drainage qui n’a pas fonctionné, puis on m’en a fait un second qui a donné de bons résultats.»
Jamil se considère quand même comme chanceux de s’en sortir ainsi: «Présentement, je manque encore d’équilibre; c’est pourquoi je marche avec une canne, et ma main gauche n’a pas retrouvé sa motricité. Je ne peux plus jouer de la guitare et, comme je suis gaucher, j’ai de la difficulté à écrire. Quand je prends ma guitare, je joue comme un débutant de quatre ans qui ne parvient pas à mettre ses doigts sur les bonnes cordes. Je me donne cinq ans pour retrouver cette motricité.»
Un album et le retour sur scène
Avant que son accident se produise, Jamil connaissait un beau succès sur scène. «Je reprends mon spectacle là où je l’avais laissé, à la différence que je ne joue pas de la guitare. J’ai aussi ajouté une chanson, Délivre-moi, qui figure sur mon prochain album. Heureusement, ma prononciation n’a pas été trop affectée. Je dois faire des exercices avec un crayon dans la bouche, mais j’articule quand même bien.»
«Pour le spectacle que je présente au Lion d’Or, à compter du mercredi 7 octobre, nous serons sept sur scène, avec des cuivres. Ça va «groover». Mes spectacles, c’est comme une réunion d’amis. Quand j’invite des gens chez moi, je pense qu’on ne s’ennuie pas. C’est la même chose pour mes shows.» Il est possible que Jamil soit un peu plus nerveux cette fois-ci, mais il s’en défend bien: «Je n’ai pas le droit d’avoir de stress, ni de boire trop d’alcool, mes médecins me l’ont bien dit. Alors, je ne m’énerve pas et je me donne le droit à l’erreur. Je sais que les gens vont comprendre.»
Quant à la sortie de À bas les roses! (en référence aux hommes roses), Jamil avoue qu’il va en surprendre plusieurs: «Comme je ne pouvais pas composer de musique à cause de mon incapacité à jouer de la guitare, j’ai trouvé dans mes tiroirs des chansons que je n’avais jamais mises dans mes disques précédents. Il s’agit uniquement de ballades. Les ballades ne cadraient pas avec le style de mes disques précédents.»
«En plus, comme je n’aime pas faire de ballades dans mes spectacles, j’ai peur d’embêter les gens, toutes les chansons de ce nouvel album sont inconnues.» Le lancement de À bas les roses! se fera le jeudi 8 octobre, au Lion d’Or, avant son spectacle.
Président d’honneur de l’Association des personnes aphasiques
Au mois d’octobre, l’Association québécoise des personnes aphasiques tiendra son congrès à Montréal, et Jamil en sera le président d’honneur: «À cause de mon accident, on m’a proposé d’être le président d’honneur de ce congrès. L’aphasie est une perte totale ou partielle de la capacité de communiquer chez un individu qui avait, par le passé, un langage normal. Même si je m’exprime sans difficulté, je comprends très bien ce que ces gens peuvent vivre.»
Jamil, en spectacle au Lion d’Or, du 7 au 9 octobre, et la sortie de son album À bas les roses!, le 7 octobre.





