En solo au Festival International de Jazz de Montréal
Les confidences de Bet.e
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-07-10 21:59:30
© Daniel Auclair
Après s’être fait connaître en duo avec Stef, Bet.e explore toujours le même univers jazz et soul, cette fois-ci en solo. Elle s’est ce soir produite sur la scène General Motors dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, profitant du moment pour présenter son tout premier album, B.coming.
Six ans après la séparation du duo Bet.e & Stef, la reine de la bossa nova québécoise est débarquée l’hiver dernier avec un premier opus solo très jazzy mais néanmoins ponctué de rythmes du monde. Un véritable baume sur l’interminable hiver.
En ce vendredi soir, la musique de Bet.e se faisait porteuse de l’espoir d’un été finalement durable! Une belle conclusion à une splendide journée estivale que les deux prestations de la chanteuse, ponctuées de doux effluves latins et surtout, de belles confidences.
Une fleur dans les cheveux, un sourire accroché en permanence aux lèvres, elle a sorti sa première carte de visite, Eu Quero Um Samba. Plutôt suave, et la suite s’annonçait tout aussi savoureuse.
« Ça fait longtemps qu’on a le goût de jouer pour vous. On s’en va au Brésil écouter de la bonne musique », a-t-elle lancé. Les derniers rayons de soleil venaient de disparaître derrière les buildings du centre-ville, et le ton était donné pour un voyage sous les tropiques.
Un public confident
Avant de livrer Canto De Ossanha, reprise de Joyce, elle a raconté, telle une gamine surexcitée, sa rencontre avec la légendaire artiste brésilienne, de passage au Club Soda la semaine dernière. Lui ayant alors remis son album, Joyce s’est exclamée : « Mais je connais ta musique, Bet.e! On devrait rester en contact.» Un échange de courriels et quelques jours plus tard, les deux artistes ont convenu d’une rencontre : « J’ai une date à Rio avec Joyce!» La première d’une série d’anecdotes a créé une instante promiscuité avec le public.
« Quand j’ai quitté mon premier projet, les gens m’ont beaucoup demandé : "Mais pourquoi tu es partie, qu’est-ce qui t’a pris? " On est parti en paix, d’un commun accord. » Beaucoup d’encre a coulé depuis, et la chanteuse s’est une fois de plus expliquée à travers la pièce There For Me. « Est-ce clair? » a-t-elle plaisanté après avoir soufflé les dernières paroles. « L’important, c’est de se relever, toujours. »
Salsa, funk, soul, jazz et World Beat en anglais, en français ainsi qu’en portugais : elle a servi tout un cocktail musical, à la fois apaisant et festif, aux spectateurs avant de conclure sa prestation par la toute première chanson écrite pour son album solo, Omigod. « Je faisais face à un vide énorme. Quand j’ai arrêté, il y avait un gouffre devant moi. Il fallait que je me lance, mais je ne savais pas si je développerais des ailes. » La chanteuse a plutôt su bien atterrir : Bet.e, sans Stef, renaît, plus inspirée et inspirante que jamais.





