Musique

Retour sur scène

Ginette Reno plus éblouissante que jamais!

Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-09-24 20:58:56
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Ginette Reno © Frédéric Auclair Ginette Reno © Frédéric Auclair

La fébrilité était jeudi soir palpable autant chez les spectateurs que chez Ginette Reno, qui a effectué à la Salle Pierre-Mercure son grand retour sur scène. La chanteuse y a livré un concert à la fois grandiose et intimiste.

Accompagnée d’une douzaine de musiciens, elle a présenté quelques pièces tirées de ce qu’elle appelle son dernier coup de cœur, Fais-moi la tendresse, un album aux sonorités à la fois classiques et contemporaines qu’elle a peaufiné pendant un an et demi, aidée de son fils Pascalin à la réalisation.

Ayant enregistré quelque 600 chansons en carrière, elle a également profité du moment pour retracer l’ensemble de son parcours artistique, interprétant plusieurs de ses grands succès, dont Je ne suis qu’une chanson, Quand on se donne et L’essentiel.

Son fidèle public lui a, dès son entrée en scène, réservé un chaleureux accueil. Élégante, tout de blanc vêtue, elle s’est d’abord attaquée à la chanson Les trottoirs, se remémorant par le fait même une certaine Mademoiselle Hébert, à laquelle elle avait livré la pièce dans la cour de récréation. «Je n’ai jamais douté une seule seconde», lui avait confié la professeure des années plus tard.

Enchaînant avec Granada, avec laquelle elle gagnait à l’époque de nombreux concours amateurs, et On aime encore une fois, tirée de son dernier opus, elle a habilement navigué entre le passé et le présent.

Bien qu’elle ait à plusieurs reprises supplié qu’on éteigne l’air climatisé, «Je suis en train de perdre mes basses», la grande chanteuse a affiché une voix toujours aussi puissante et solide, capable de faire vibrer a capella comme entourée d’un orchestre.

Un parcours tout en humour

Avec beaucoup d’humour, elle a ponctué sa prestation de savoureuses anecdotes, de sa conception alors que son père devait demeurer stérile suite à une opération à la perte de sa virginité au Marine Club de Sorel, en passant par ses rencontres avec Lucien Auger, maître de l’émotivité rationnelle, pour cause de manque d’estime.

Ces petites histoires entre les pièces, qui constituent déjà à elles seules des autoportraits, ont servi de magnifique fil conducteur au spectacle tout en reconstruisant sur scène la légende.

Dotée d’un charisme à toute épreuve, la chanteuse a ainsi fait le récit de sa vie en chansons, faisant passer les spectateurs par toute une gamme d’émotions. Une soirée riche en larmes et en rires qui a une fois de plus démontré l’étendue de son talent. Des années de métier n’ont toujours pas eu raison de sa passion, et le feu sacré la consume toujours.

Une cote d’amour

L’interprète, qui célèbre cette année ses 50 ans de carrière, n’a pas perdu la cote auprès de son public, qui lui manifeste un amour inconditionnel. Il s’est ainsi écoulé plus de 220 000 copies de son album Fais moi la tendresse, lancé en mars dernier, un véritable exploit en ces temps précaires pour l’industrie du disque.

Intitulé Pour que tu m’aimes, le spectacle, qui affiche complet jusqu’en mars prochain, était attendu du public à un point tel que de nombreuses supplémentaires ont dû être ajoutées à l’automne 2010. Par ailleurs, la grande dame, qui compte déjà 11 Félix à son actif, a obtenu quatre nominations à l’ADISQ 2009, dont celles de l’interprète féminine de l’année et de l’album populaire de l’année.

La soirée en quelques citations…

À sa professeure de cinquième année, Mademoiselle Hébert, qui lui demande ce qu’elle veut faire plus tard : «Je veux être une grande chanteuse.»

Après avoir interprété Indépendante et dépendante : «C’est vraiment tout ce que j’ai fait pour les hommes et tout ce que je ne ferais plus maintenant.»

Au sujet de Marc Hervieux, avec qui elle a interprété en duo Fais-moi la tendresse, d’ailleurs l’un des moments les plus forts de la soirée : «Ça, c’est mon genre d’homme!»

En parlant de son fils Pascalin, qui a agi à titre de directeur artistique du spectacle: «Quand je l’ai porté dans mon ventre, je n’aurais jamais pensé que je l’aurais sur scène avec moi un jour.»

«Il y a deux femmes en moi : celle qui veut tout et celle qui ne veut rien.»

Quelques places sont toujours disponibles pour les 18 représentations de l’automne 2010. Pour de plus amples renseignements, visitez le site officiel de Ginette Reno : www.ginettereno.com.

 
 
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