Rentrée montréalaise
Andrée Watters version acoustique
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-09-29 20:56:40
Andrée Watters © Frédéric Auclair
Entourée de deux musiciens, c’est en toute intimité au Lion d’or qu’Andrée Watters a mardi soir effectué sa rentrée montréalaise.
Après s’être imposée sur les palmarès québécois en 2003 avec une carte de visite résolument plus rock, c’est une prestation acoustique et teintée d’une maturité nouvelle qu’elle a réservée au public montréalais. De l’eau a coulé sous les ponts depuis ses premiers balbutiements, et la jeune auteure-compositrice-interprète s’impose dorénavant avec une plume à la fois profonde et réfléchie.
Dans un décor parsemé de multiples horloges aux aiguilles figées à minuit, elle a d’emblée défendu, énergique et confiante, la pièce-titre de son dernier album avant de s’atteler à la guitare pour l’interprétation de Tout de moi.
Un brin de causette
Même si le spectacle, présenté à plus d’une trentaine de reprises un peu partout à travers le Québec, est rodé au quart de tour, Andrée y affiche un naturel déconcertant, bavardant avec les spectateurs comme s’ils avaient été conviés dans son propre salon à une soirée vin et confidences.
Intitulé Tout de moi, le spectacle s’est d’ailleurs en quelque sorte voulu autobiographique, la chanteuse y livrant de nombreuses bribes de sa courte vie. «Comme le titre le dit, vous saurez tout sur moi ce soir, même des choses qui ne vous intéressent pas», a plaisanté celle qui a par le fait même avoué être tombée en amour avec la formule acoustique, formule qu’elle expérimente pour la toute première fois dans le cadre de la présente tournée.
La nature l’a non seulement dotée d’un charisme et d’un entrain à toute épreuve mais également d’un sens de l’humour candide tout à fait charmant qu’on ne lui connaissait cependant pas. Elle a ainsi multiplié les anecdotes, racontant notamment comme deux animateurs avaient saboté son nom de famille alors qu’elle s’entendait à la radio pour les toutes premières fois. Le scénario a servi de préambule à l’interprétation de son premier hit, Dépendre de toi.
En plus d’y présenter les pièces de son récent Minuit et quelques-uns de ses succès, la jolie brunette a offert des interprétations touchantes d’artistes l’ayant largement influencée tels que Vivante de France D'Amour, Corridor de Laurence Jalbert, The First Cut is The Deepest de Sheryl Crow ainsi que Billie Jean du défunt Michael Jackson.
À la conquête de nouveaux auditoires
Révélée à peine sortie de l’adolescence grâce à l’album AW, paru il y a maintenant six ans, la chanteuse, aujourd’hui âgée de 26 ans, a évolué sous les projecteurs, délaissant peu à peu son rock destiné au jeune public pour un son beaucoup plus mature et réfléchi.
Probablement un vestige de l’époque où elle s’époumonait pour les jeunes ados, elle a à quelques reprises semblé oublier qu’elle s’adressait à un auditoire légèrement plus âgé, sombrant parfois dans une excitation quasi enfantine. Mais il faut dire qu’avec une réception aussi chaleureuse du public, une petite boule énergique comme elle a de quoi jubiler! Les spectateurs ne pouvaient qu’esquisser un sourire face à ce débordement d’énergie, et la sobriété de la mise en scène, à laquelle a d’ailleurs collaboré son conjoint, Sylvain Cossette, lui a justement permis ces quelques excès.
Andrée Watters vient de poser les bases d’un travail de grande envergure, soit celui de se définir dans un univers où règne l’éphémère. L’auteure-compositrice-interprète, qui a déjà produit quelques pièces pour des artistes telles que Marie-Chantal Toupin, Suzie Villeneuve, Marilou et Véronic Dicaire, découvre, apprivoise et s’approprie peu à peu un style qui lui permettra inévitablement de survivre à l’épreuve du temps.
Andrée Watters poursuit sa tournée tout l’automne. Pour toutes les dates, visitez le www.andreewatters.com.
Lire l'entrevue avec la chanteuse.





