Musique

Jardin d’Images

Alain Lefèvre: son amour pour le Québec

Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-11-04 18:13:24
Partager
Alain Lefèvre © Frédéric Auclair Alain Lefèvre © Frédéric Auclair

Après avoir remporté le Félix, son sixième en carrière, de l’album de classique/soliste et petit ensemble à l’Autre Gala de l’ADISQ pour Franck, Lekeu – Sonates; Mathieu – Ballade-Fantaisie, réalisé avec son frère David, Alain Lefèvre a lancé, mercredi, au Monument-National, son quatrième opus, Jardin d’Images. Sur cet album, le grand pianiste dévoile ses propres compositions.

«Des disques de musique classique, j’en fais beaucoup. Je joue les airs d’autres compositeurs. Là, c’est quatre ans de ma vie que je mets sur disque. Sur cet album, je raconte plein de choses que j’ai vécues, je parle des gens que j’ai aimés, des déceptions que j’ai ressenties… Ce sont des images. C’est plus émouvant, mentionne d’emblée le compositeur. C’est mon scrapbook des quatre dernières années.»

Également, sur ce disque Alain Lefèvre va au-delà du portrait intime; il crie haut et fort sa passion pour notre belle province. «Les titres de chaque pièce sont très évocateurs: ils ont tous un dénominateur commun, soit mon amour pour le Québec. Depuis quatre ans, j’entends des gens parler des Québécois. Certains ont dit que nous étions paresseux, racistes. J’ai un peu capoté parce que je suis un enfant d’immigrés. Je suis arrivé ici lorsque j’avais quatre ans. Ce que je suis, je le dois au Québec. Alors Jardins d’images, c’est un peu un cri d’amour pour ma patrie.»

Comme il joueun peu partout à travers le monde, Alain Lefeèvre entend souvent les noms de Robert Lepage, de Guy Laliberté et de Michel Tremblay. «Je ne comprends pas pourquoi chez nous, c’est honteux de se donner du crédit, de dire qu’on est un peuple formidable. C’est pour ça que j’ai écrit Québec, terre promise. D’abord, la terre promise, pour moi, c’est ma Jojo, ma femme – c’est le plus beau cadeau que j’aie reçu du Québec. Mais c’est aussi le Québec lui-même. Je suis chanceux d’avoir été accueilli ici.»

La danse des petits lapins est également née sur nos terres, lors de l’un des passages du compositeur dans une école défavorisée de Montréal. «Les enfants de sept ou huit ans sont arrivés, se sont assis en rond, et j’ai vu leurs visages tristes, fatigués. Ils avaient mal mangé, et Noël arrivait. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour leur dire que la vie est quand même belle, qu’il faut croire au Père Noël. Je leur ai demandé s’ils aimaient les lapins, et j’ai commencé à composer une pièce sur le champ.»

Inspiré d’un de ses nombreux voyages, le morceau Dis-moi tout est, pour sa part, né en Allemagne. «C’est la pièce la plus dramatique du disque. Je dînais et j’ai vu un beau couple arriver. Je les regardais et, pendant tout le repas, ils ne se sont dit que trois choses: "Passe-moi le sel, est-ce que la soupe est assez chaude et, à la fin, est-ce que tu as aimé? " À combien de couples ça arrive? C’est une pièce spéciale parce qu‘elle nous fait nous rendre compte qu’il y a bien des choses dans la vie qu’on ne pourra jamais dire. Ça, je trouve ça fascinant.»

Je reviendrai à Montréal

Parmi ses beaux clins d’œil se glisse la pièce Fafoune, écrite pour son chat et ponctuée des sifflements de la romancière Chrystine Brouillet. «C’est disjoncté, et ça n’a aucune prétention.» Le pianiste déborde ainsi largement du cadre de la musique classique. «Quand la musique est bonne, elle est bonne. En ce moment, j’écoute les nouvelles pièces de Nelly Furtado. J’adore aussi Mes aïeux et Les trois accords.» Une collaboration entre ce dernier groupe et Alain Lefèvre serait même envisageable: «L’idée, c’est d’abattre les frontières.»

S’il franchit régulièrement les frontières de multiples pays pour ses concerts, il se plaît toujours à revenir au Québec. «Je fais carrière à l’étranger, mais le respect que j’ai pour mon public d’ici est intouchable. Un gars comme Robert Lepage m’impressionne parce qu’il revient au Québec. Je pense que si les gens qui réussissent partent d’ici, ce sera terrible. On est un jeune pays, et on a besoin de tous nos gens pour grandir.»

 
 
Toutes les nouvelles des 7 derniers jours
 
 
Envoyer à un ami Imprimer

Galeries photos

Autres nouvelles Musique

Lancement de l’album La route

«J’ai gagné en assurance» – Jonathan Roy

 
Michel Louvain, Mario Pelchat et Marie-Élaine Thibert

Les stars chantent Noël

 
Dévoilement des nommés à l’ADISQ

Brigitte Boisjoli obtient cinq nominations

 
Festival de la chanson de Granby

Une dernière demi-finale convaincante

 
Compilation LOVE

Pour une bonne cause

Entrevues

Sophie Prégent et Charles Lafortune

Photographiés par Julie Perreault

 
Michèle Barbara Pelletier

Loin des studios pour un long moment

 

Divertissement sur Canoe.ca

Dans votre 7 Jours cette semaine

Sophie Prégent et Charles Lafortune

- «Notre fils nous garde très unis»

René Simard

- Son grand retour sur scène

Roy Dupuis

- Parti deux mois en Inde

La Franchise

- Portrait des 12 candidats

Disponible en kiosque !