Entrevue
Cowboy Junkies à l’ère Internet
Benoit Bisson / 7Jours 2009-11-06 17:00:00
© Cowboy Junkies
Le groupe canadien Cowboy Junkies se produira en spectacle à l’Astral les 18 et 19 novembre prochains.
Nous avons réalisé une entrevue avec Michael Timmins, auteur-compositeur et guitariste du groupe, qui nous parle de l’importance d’Internet pour le groupe et la compagnie de disques qu’ils ont formée, Latent Recordings.
Comment vous est venue l’idée de former Latent Recordings?
Michael Timmins: En fait, Latent Recordings remonte à avant même que le groupe Cowboy Junkies n’existe. Alan Anton et moi avons démarré une première version de la compagnie aux alentours de 1980. C’était pour notre premier groupe et nous étions inspirés de toutes les étiquettes indie qui arrivaient d’Angleterre à l’époque. À cette époque, il n’y avait pas vraiment d’industrie musicale canadienne, qui mettait sous contrat des artistes originaux, alors on a plus ou moins fait les choses par nous-mêmes. D’ailleurs, The Trinity Sessions est paru initialement sur notre propre étiquette. Une fois que l’on a été mis sous contrat avec un major, la compagnie a un peu été mise en veilleuse, puis aux environs de l’an 2000, lorsque nous nous sommes séparés de Geffen, nous avons envisagé les différentes possibilités. L’industrie avait déjà commencé à s’effondrer à ce moment, et c’est un peu ridicule d’essayer de monter à bord d’un navire qui sombre, alors on s’est dit ‘Essayons de le faire nous-mêmes à nouveau’.
Et pour la distribution, comment fonctionnez-vous?
Au début, on utilisait simplement le nom comme une marque sous laquelle nous faisions nos disques et nous avons commencé à les mettre sous licence pour différents territoires. À cette époque, nous avons aussi démarré notre premier site Web. Ce n’était pas un site de téléchargements, mais vous pouviez acheter des albums en ligne. Et puis, au cours des dernières années, comme on a vu la possibilité de créer notre propre site de téléchargement, et comme l’industrie a continué de péricliter encore plus, on s’est dit que l’on pouvait éliminer les intermédiaires avec lesquels on était sous licence et que l’on pouvait tout faire nous-mêmes. On est presque de retour au point de départ à nouveau. (rires)
Et maintenant, quels sont vos objectifs avec votre site et votre propre maison de disques?
L’idée n’est pas seulement de rendre accessible le matériel de Cowboy Junkies, mais aussi celui d’autres groupes, alors nous sommes revenus à l’idée de mettre d’autres groupes sous contrat et les aider à se faire connaître. De plus, avec le site, nous sommes toujours un vieux groupe, dans ce sens que nous voulons toujours faire des albums, un peu comme des déclarations musicales faites en studio, mais en même temps, nous avons notre propre studio, nous faisons beaucoup d’enregistrements. Il y a beaucoup de choses amusantes que l’on peut faire, qu’il s’agisse d’un enregistrement live, la reprise d’une pièce de temps à autre, et avec le site, on peut simplement le faire, le mettre en vente et passer à autre chose.
Bref, vous avez la flexibilité de rendre plus de votre matériel disponible, sans être limité aux formats de l’album ou du single?
Exactement. Et l’on n’a pas les contraintes de fabrication, on n’a qu’à mettre le matériel sur le site. C’est en quelque sorte une évolution. L’aspect pratique y est pour beaucoup: comment continuer à survivre dans l’industrie, d’un point de vue économique, mais d’un autre côté, il y a un volet artistique puisque c’est bien de pouvoir avoir une inspiration, créer quelque chose et pouvoir le rendre disponible, puis passer à autre chose.





