Rentrée montréalaise
Un Luc De Larochellière dans la tête
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-11-11 21:57:57
Luc De Larochellière © Bruno Petrozza
C’est dans l’intimité du Cabaret Juste pour rire et à l’occasion de la 23e édition du Coup de cœur francophone que Luc De Larochellière a effectué sa rentrée montréalaise, mercredi soir. Le dernier spectacle de l’artiste dans la métropole avait eu lieu en 2001.
Cinq ans après avoir offert son dernier album de chansons originales, l’auteur-compositeur-interprète est débarqué en août dernier, avec Un toi dans ma tête, intimiste et touchant. Accompagné de trois musiciens et d’un quatuor à cordes, il a en livré l’intégralité sur scène.
Les pièces Pour ne plus avoir peur et Rage dedans ont donné le coup d’envoi au spectacle. L’enthousiasme de la foule, déjà bien chaleureuse, a grimpé d’un cran alors qu’il a largué coup sur coup deux œuvres du passé, Amère América et Chinatown Blues. La présence de cordes a sublimé ces pièces à saveur plus pop, leur conférant une touche d’intemporalité quelque peu classique.
Les spectateurs sont restés muets devant l’intensité de la pièce Si fragile, que Luc a interprétée en solo à la guitare. Un passage a capella était tout simplement à couper le souffle. La foule, en communion avec l’artiste, lui a rendu une énergie vibrante. Si ses amours ne sont pas réciproques, son respect envers le public l’est de toute évidence.
Après Ma révolution, plus puissante que jamais et soutenue par le quatuor à cordes, le sentiment que tout pouvait être réinventé planait toujours. Aussi le chanteur a-t-il pu offrir Comme un beau soir de neige, tirée d’Un toi dans ma tête.
Parmi ses grands succès et ses récentes créations s’est glissée Mauvaise herbe, chanson inédite écrite pour le prochain album de Marie Carmen et inspirée par les enfants de la rue qu’a côtoyés la chanteuse en Amérique latine.
Amours déçus sur fond classique
La poésie des textes de son dernier album, souvent axée sur les amours déçus, a quelque peu dicté une ambiance folk acoustique. La facture sonore, largement épurée, a mélangé piano, contrebasse et autres cordes, créant de petits chefs-d’œuvre à la fois modernes et classiques.
Les mélodies, loin d’être aussi mélancoliques que les paroles, ont plutôt versé dans la luminosité. Des chansons telles que J’ai vu, Tu m’as eu et Non-amour, mon amour, sont ainsi devenues porteuses d’espoir.
La poésie a semblé couler doucement, sans entraves, au son de cordes colorées. Peut-être est-ce parce que Luc a cette fois-ci adapté la musique aux textes plutôt que l’inverse…
Quoi qu’il en soit, si ce huitième opus en plus de 20 ans de carrière est de loin son plus personnel, il possède également la portée la plus puissante grâce à l’universalité de ses thèmes. À le voir toucher autant de personnalités différentes réunies dans une même salle, on ne peut que réaliser l’ampleur de son œuvre.
Alors que le spectacle tirait à sa fin, le chanteur a livré la pièce-titre de son dernier album, ainsi que Cash City. Impossible de ne pas fredonner le refrain en se dirigeant, d’un pas léger, vers la sortie du Cabaret Juste pour rire. Il y avait définitivement un Luc De Larochellière dans la tête de nombreux spectateurs, mercredi soir.





