Musique

Rentrée montréalaise

Damien Robitaille : coloré, kitsch et assumé

Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-11-18 21:27:22
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Damien Robitaille © Marie-France Pellerin Damien Robitaille © Marie-France Pellerin

Le kitsch était définitivement à l’honneur en ce mercredi soir, au Club Soda. Après avoir séduit nos oreilles avec l’univers délirant d’Homme autonome, Damien Robitaille nous en a mis plein la vue lors d’une rentrée montréalaise haute en couleurs.

Si l’album se veut une célébration de la solitude, l’auteur-compositeur-interprète n’avait rien d’un solitaire. Aussi la soirée a-t-elle immédiatement pris une tournure festive alors qu’entouré de Guillaume Chartrain (basse), Alexis Martin (batterie), François Richard (claviers), d’une section de cuivres ainsi que de Gaële et Amylie à titre de choristes, il a entamé On est né nu.

Il y a trois ans, Damien semblait quelque peu chercher sa voie, proposant un premier essai fort intéressant, L’homme qui me ressemble. Se concentrant cette fois-ci sur une seule et unique couleur qui se décline en plusieurs tons plutôt que sur une entière palette hétéroclite, l’artiste franco-ontarien s’est définitivement trouvé à travers Homme autonome. Il s’en est de surcroît tenu à une ligne musicale directrice, usant de sonorités rétro seventies entraînantes.

Raffinant sa plume, il a délaissé son écriture métaphorique et évoque sans détour, notamment, la séduction : «Quel est le mot de passe pour passer la nuit avec toi?» ou encore «Jésus nous a dit : "Allez, pêcher les hommes." Moi, je préfère aller pêcher les femmes.» Le singulier et surprenant personnage sait de toute évidence comment vous arracher un sourire.

Son charme timide, dont quelques traces sont néanmoins encore visibles, a fait place à une explosion de confiance sur scène. Contrairement à sa dernière tournée où on ne le retrouvait qu’assis au piano, il a totalement assumé son côté interprète debout au micro, enchaînant Électrique, tirée de son premier opus, et Avant que vienne l’avalanche.

Toutefois, chassez le naturel, et il revient… au piano! Le chanteur s’est donc installé derrière son instrument fétiche pour l’interprétation de Y a-t-il quelqu’un. Sa voix brisée a ajouté une toute nouvelle dimension au spectacle, qui avait jusque-là misé davantage sur l’humour.

Une aisance déconcertante

Il a parsemé sa prestation d’anecdotes colorées où s’est fait sentir la plume de l’auteur Pierre-Yves Bernard (Minuit le soir, Dans une Galaxie près de chez vous), qui signe également la mise en scène du spectacle.

Avec ses airs de séducteur cabotin, Damien a fait marrer l’assistance en blaguant au sujet de son nom, évoquant un premier gérant fictif lui ayant choisi un nom de scène, Billy Bijou. «J’ai décidé de reprendre mon nom et depuis ce temps, je vends des millions de disques à travers le monde.» On ne peut que souligner le talent de comédien inouï ainsi que le solide sens de la performance qui sommeillent en lui.

Une deuxième partie déchaînée

Showman incroyable et totalement déchaîné – il a même tenté le grand écart sur la pièce Sexy séparatiste – il a déployé une énergie inévitablement contagieuse en deuxième partie. L’ermite dans la ville, accompagnée de la ligne de basse de la pièce Billie Jean de Michael Jackson, a donné le ton à cette dernière portion de délire.

Son plus récent album, lancé en septembre, a chaleureusement été accueilli et en ce soir de première, il a parachevé son opération de séduction. Ce n’est pas une «jolie sirène dans la mi-vingtaine» qu’il a repêchée mercredi mais bien une bande de nouveaux adeptes qui n’ont pas l’intention de lâcher l’hameçon.

 
 
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