En spectacle au Métropolis
La Roux : du toupet et de la classe!
Marie-France Pellerin / 7Jours 2010-02-05 22:40:49
La Roux © Lawrence Arcouette
Un toupet défiant les lois de la gravité, un look audacieux et un son qui redonne ses lettres de noblesse à l’électro-pop : Elly Jackson et son alter ego artistique La Roux surfent toujours sur la vague du succès. Elles se sont produites en sol montréalais, vendredi soir, devant un Métropolis rempli à craquer.
De passage au Studio Juste pour rire le 24 octobre dernier, la chanteuse avait offert une prestation musicale infaillible mais à faible teneur énergique. Plutôt statique, la performance n’avait en rien servi la flamboyante réputation de La Roux.
Il faut dire que la petite scène du Studio n’offre pas aux artistes la possibilité de s’éclater comme bon leur semble et que de surcroît, Elly souffrait d’un sale virus. Or, la sobriété n’était assurément pas de mise en ce début de week-end, et la chanteuse affichait une solide énergie, s’accaparant la totalité de la scène.
Ben Langmaid, le coécrivain et coproducteur du projet La Roux, préférant l’ombre aux projecteurs, la chanteuse rousse au look androgyne défend sur scène l’âme du duo entourée de deux claviéristes et d’un percussionniste.
Ainsi accompagnée de ses trois complices et supportée par six écrans géants alimentant la prestation visuelle, La Roux s’est d’emblée attaquée à Tigerlily. Vêtue d’un haut pailleté et d’un veston multicolore ainsi que d’un pantalon noir skinny et de souliers noirs et blancs, rappelant du coup le style vestimentaire de Michael Jackson, elle a enchaîné les titres de son premier album éponyme, lancé en juin dernier.
La foule a été prise d’un soudain délire lorsqu’ont retenti les premiers accords d’I’m Not Your Toy, l’un des extraits qui a permis au duo de cartonner et de multiplier les dates de spectacles. Un délire qui ne se sera estompé qu’à de rares reprises avant de chaque fois toucher des sommets inégalés. Même les pièces de tempo plus lent, telles que As If By Magic et Cover My Eyes, auront reçu un accueil favorable.
Les projecteurs se sont éteints sur Fascination, et la foule a créé un impressionnant tumulte, hurlant, tapant des mains et des pieds tout en scandant des «La Roux! La Roux!».
Devant tant d’insistance, la chanteuse et sa bande se sont à nouveau pointés sur scène afin de livrer l’ultime et non la moindre Bulletproof. La mezzanine tremblait à un point tel qu’on a soudainement douté de sa solidité. Les éclairages hallucinogènes et la chorale de fans l’accompagnant ont concocté une finale tout simplement ahurissante.
À la fois court et enlevant
Ne livrant qu’un court spectacle de 45 minutes, La Roux, avec un seul album à son actif, s’est même excusée avec classe de ne pouvoir offrir une plus longue prestation à ses fans. On en aurait assurément pris davantage mais devant tant de sincérité et surtout, devant la qualité de la perfo, on ne pouvait que la féliciter de ne pas avoir comblé le vide avec de multiples reprises de célèbres artistes.
Âgée d’à peine 21 ans – elle fêtera son 22e anniversaire en mars prochain – l’icône britannique, qui grattait d’abord sa guitare, inspirée d’artistes tels que Joni Mitchell et Nick Drake, s’est rapidement tournée vers la pop synthé des années 80. Choix de carrière qu’on ne peut que saluer suite à cette enlevante prestation.
Soulignons que La Roux est en nomination aux Brit Awards dans les catégories «Révélation de l’année» et «Chanson de l’année» pour In for the Kill. Le duo travaillerait d’ailleurs à un nouvel album qu’il promet d’ores et déjà très différent du premier.





