Pour le vidéoclip Cachemire
En tournage avec Kevin Parent
Raphaël Gendron-Martin / 7Jours 2010-02-11 15:57:12
Kevin Parent © Éric Carrière
On nous avait donné rendez-vous à 11 h 45, un matin, rue Roy, près du boulevard Saint-Laurent. C’est là que se tournait le vidéoclip de la chanson Cachemire , de Kevin Parent. Sur les lieux, le chanteur nous annonce d’abord que l’entrevue devrait se dérouler plus tard dans la journée. La raison? Toute l’équipe de production est à la merci d’un chat blanc qui joue le rôle principal dans le clip. «Le chat est la vedette alors que moi, je ne suis qu’un figurant, souligne Kevin. Je suis arrivé ici à 8 h, ce matin, et l’équipe a essayé de mettre l’animal à l’aise pendant plusieurs heures, mais il ne voulait rien savoir. Et il n’y a pas de doublure!»
Mais, bon joueur, le chanteur a accepté de nous accorder quelques minutes de sa journée chargée pour nous parler notamment de sa nouvelle tournée qu’il promènera un peu partout dans la province. «Ce sera un show beaucoup plus rock que l’album. Nous avons monté le spectacle avec les Porn Flakes. Nous allons brasser la cage, car ça déménage. Des fois, je laisse ma guitare de côté pour prendre le micro et avoir plus d’interaction sur scène. On verra ce que ça donne. L’important est de ne pas se prendre au sérieux là-dedans et d’avoir du fun.»
Kevin Parent © Éric Carrière
Défi personnel
Celui qui a lancé un septième album portant son nom, l’automne dernier, fait remarquer que l’industrie de la musique n’est vraiment plus comme avant. «Ma chanson Besoin d’amour a joué pas mal à la radio et j’en suis bien content. Mais ç’a vraiment changé dans l’industrie. Je n’ai plus de grandes illusions.» Même si son disque se veut relativement folk, le chanteur souhaite offrir une prestation plutôt musclée à ses fans en tournée. «J’ai eu mon trip acoustique à la guitare. Cette fois-ci, j’essaie le rock. Je veux sortir de ma zone de confort; c’est comme un défi personnel.» Cela dit, sur scène, il sera tout de même accompagné de Stéphanie Boulay à l’occasion. «C’est ma choriste gaspésienne et nous faisons quelques chansons ensemble. Avec elle, ce sera plus représentatif de l’album, plus folk.»
Que les fans de la première heure du chanteur se rassurent, il fera ses anciennes chansons en concert. «C’est sûr que nous allons jouer les morceaux principaux du nouvel album, mais il y aura aussi plusieurs vieilles chansons. Il reste encore du travail à faire sur le spectacle, mais depuis le temps que je me produis dans les bars, j’ai moins de pudeur et je n’ai plus peur du ridicule. Ce ne sera pas un show réglé au quart de tour. Ce ne sera pas un spectacle du Cirque du Soleil non plus!» Oubliez donc les acrobaties et les pirouettes en tous genres!
Kevin Parent © Éric Carrière
Pas de rentrée montréalaise!
Après avoir joué à Repentigny (13 février) et Magog (20 et 26 février), l’artiste s’amènera à Montréal pour se produire au Club Soda, le 4 mars. Attention, il ne faut surtout pas parler de «rentrée montréalaise»! «Je trouve que c’est prétentieux, révèle-t-il. Je suis un gars de la région, et la région est aussi importante pour moi que Montréal. La plupart des spectateurs de Montréal ne paient pas leurs billets et se foutent du show. Ils ne sont là que pour jaser entre eux. Tandis qu’en région, les gens apprécient le spectacle. Mais je vais être bien content de jouer à Montréal, parce que j’y ai beaucoup d’amis. Nous voulons seulement avoir du plaisir.»
Le chanteur tient à souligner que c’est la formation Hôtel Morphée (www.myspace.com/hotelmorphee) qui se chargera de la première partie, au Club Soda. «Ils font de la musique francophone inspirée de ce qui se fait en Angleterre. Il y a des cordes et des violons sur leur album. C’est bien bon.» Voilà, le message est passé.
20 ans de carrière
Kevin Parent, âgé de 37 ans, en avait 17 lorsqu’il a commencé à gratter la guitare dans les bars. Peut-on affirmer que son spectacle du 4 mars sera la célébration de ses 20 ans de carrière? «Tu peux le voir ainsi. Je n’y avais jamais songé! Ça me fait un peu peur de penser que je joue de la musique depuis 20 ans.»
Pendant quelques mois, l’artiste se promènera un peu partout en province. Est-il question d’un petit tour en France? «Je ne suis pas rendu là! Il y a tellement d’artistes québécois qui font la queue pour aller en France. Qu’ils y aillent! Moi, j’y suis déjà allé et j’ai aimé ça. Mais je ne me croise pas les doigts en espérant y retourner.» Et pour ce qui est d’un autre album anglophone (il a sorti Fangless Wolf Facing Winter en 2007), le chanteur ne ferme pas la porte non plus. «Peut-être que je vais en refaire un autre, un jour. Mais pour être bien honnête, il faut vivre, il faut travailler. Et au Québec, c’est en français que ça se passe. J’ai la chance de pouvoir écrire et chanter en français, je suis vraiment content de pouvoir faire ça. Le chômage, je ne connais pas ça. J’ai trop d’orgueil pour me faire vivre par les autres. J’ai la chance de travailler en français, il ne faut pas cracher là-dessus.»
Kevin Parent donnera son spectacle au Club Soda, de Montréal, le 4 mars prochain. Pour connaître tous les détails de sa tournée, on visite le www.kevinparent.com.





