Musique

Avec l’album Where I Come From

«C’est un hommage à mon père» - Patrick Norman

Raphaël Gendron-Martin / 7Jours 2010-02-12 14:03:34
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Patrick Norman © Marco Weber Patrick Norman © Marco Weber

Des milliers d’artistes ont été influencés par la musique de Hank Williams. L’auteur-compositeur-interprète, décédé en 1953, a légué un catalogue de 700 chansons qui font désormais partie du folklore américain. «Ray Charles, Tony Bennett, les Beatles, Elvis Presley, Eric Clapton et Bruce Springsteen ont tous été influencés par lui, remarque Patrick Norman. En fait, tout ceux qui ont tenu une guitare.»

Le chanteur québécois ne fait pas exception. Du Hank Williams, il en a entendu toute sa vie. «Ce sont des souvenirs d’enfance pour moi. Mon père en faisait jouer sur son 78 tours. J’étais trop petit pour jouer de la guitare, mais je grattais les cordes. Hank Williams, ça me rappelle donc mon père. Il aurait eu 85 ans le 11 février, s’il ne nous avait pas quittés en 1999. Avec cet album, c’est un hommage à mon père que je fais. C’était mon grand chum, nous étions très proches, nous allions à la pêche ensemble.»

Paru cette semaine, Where I Come From – A Tribute to Hank Williams est une collection de douze des meilleures chansons de la légende de la musique country américaine. «Pour moi, Hank Williams est l’icône par excellence du country. Il a écrit des chansons intemporelles. C’est surprenant de voir que ces chansons, souvent profondes et tristes, ont été écrites par un gars qui avait 21, 22, 23 ou 24 ans! Il est mort à 29 ans, mais il avait l’air d’un vieillard! Même au début de la vingtaine, il semblait avoir 50 ans. Il prenait plein de trucs, comme de la morphine, et il est mort d’une insuffisance cardiaque.»

À la bonne franquette

Cela faisait plusieurs années que Patrick Norman songeait à concevoir un album en hommage au chanteur. Mais, à chaque fois, quelque chose l’empêchait de le faire. L’été dernier, toutefois, l’occasion était idéale. «Je me suis dit “voilà ma chance”. J’ai appelé Gilles Valiquette pour lui demander s’il voulait réaliser l’album. Il a répondu: “bien sûr, quand est-ce que tu veux qu’on fasse ça?” Je lui ai dit: “la semaine prochaine!” T’aurais dû voir sa réaction!»

Les deux amis se sont rendus au Nouveau-Brunswick, à Grand-Barachois, tout près de Moncton. C’est là que se trouve le Studio Belivo. Accompagné de quatre musiciens et de deux choristes, Patrick s’est enfermé dans la pièce pour enregistrer les morceaux. «C’était un défi de faire cet album-là, parce que je souhaitais le faire de la même façon que dans les années 50. À cette époque, tout le monde se retrouvait dans la même pièce en même temps pour enregistrer les chansons. Ce que je trouve dommage aujourd’hui, c’est que les musiciens se rencontrent rarement en studio. En faisant ça, il y une magie, quelque chose qui se produit. Nous avons fait ça à la bonne franquette, avec les nuances et les imperfections.» Résultat, l’album a été entièrement enregistré en trois jours! «Il y en a qui enfantent dans la douleur, nous ç’a été dans le bonheur!»

Pas de spectacle prévu

Le choix des douze pièces finales n’a pas été de tout repos, puisque Patrick avait fait un démo d’une soixantaine de chansons. «On aurait pu faire trois albums!» Y aura-t-il, justement, un deuxième disque prochainement? «Il ne faut jamais dire non. On verra», répond-il, prudent. À propos de voir ces chansons sur scène (notamment Lovesick Blues , Cold, Cold Heart et Jambalaya (On the Bayou)), Patrick indique qu’une tournée pour promouvoir cet album-hommage à Hank Williams n’est pas prévue. «Je ne ferai pas de spectacle sur ce disque. Je vais plutôt continuer ma tournée pour l’album Comment le dire . Je vais sûrement faire quelques chansons du disque quand même, mais il n’y aura pas de véritable spectacle. Par contre, s’il y a une demande du public, je changerai peut-être d’idée. C’est le public le boss!»

Avec Where I Come From , Patrick Norman précise en être à son deuxième album de country pur en carrière. «L’autre avait été mon hommage à Kenny Rogers, au début des années 80. Mes albums solos sont plus du genre musique populaire. Mais le country, ça fait partie de moi. C’est un bonheur de chanter ces chansons-là. Le country, c’est de là que je viens. C’est la musique qui nous appartient. Ça ne vient pas d’Europe, mais du nord de l’Amérique.»

 
 
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