Muse au Centre Bell
Prestation rock magistrale
Marie-France Pellerin / 7Jours 2010-03-10 21:40:06
Matthew Bellamy, chanteur de Muse © Richard Lefebvre
Structures tapissées d’écrans vidéo, lasers, jeux de lumières hallucinants, sonorisation démente : le trio britannique Muse a mis le paquet pour son premier passage au Centre Bell, mercredi soir. C’est sans compter la configuration de scène à 360°, qu’on peut d’ailleurs voir dans le vidéoclip de la pièce Resistance et que seules quelques villes nord-américaines pourront se targuer d’avoir accueilli, qui en a mis plein la vue aux 16 204 spectateurs.
Venus défendre leur cinquième album studio, The Resistance, Matthew Bellamy et sa bande, dont le dernier passage dans la métropole, sur le Quai Jacques-Cartier, remonte à près de quatre ans, ont ouvert ce concert épique juchés sur trois plateformes. Déjà, la récente Uprising trouvait écho auprès du public comme s’il s’agissait d’un grand classique du band.
«They will not control us, we will be victorious.» Des paroles qui, sans tout l’arsenal technologique et musical déployé, auraient semblé plutôt condescendantes. Or, armé d’hymnes apocalyptiques et d’une mise en scène des plus théâtrales, Muse serait parvenu à hypnotiser n’importe quelle bande de conquérants.
Après avoir interprété Resistance, le trio a amorcé sa descente sur scène alors que résonnait l’intro plutôt planante de New Born. Convergeant radicalement vers un puissant rock, un impressionnant jeu de laser totalement psychédélique est venu soutenir le propos musical. L’effet s’est révélé moins hystérique mais tout aussi intéressant sur la pièce Undisclosed Desires, où des milliers de lucioles semblaient veiller sur la foule.
Map of The Problematique et Supermassive Hole faisant largement réagir le public, le trio a jugé bon d’offrir un premier répit avec la ballade rock non moins magistrale Guiding Light, tirée du dernier opus.
Faisant suite à Starlight, lors de laquelle Bellamy a momentanément prêté son micro à la foule qui s’époumonait, Plug in Baby s’est pour sa part ouverte sur fond sonore de distorsion pour se conclure par une chute de ballons blancs géants. Quand on parle de démesure…
Et si à la lecture du programme de la soirée on avait douté de la place de Unnatural Selection, pièce du dernier album frôlant les sept minutes, en finale du spectacle, tout juste avant le rappel, il faut admettre qu’elle a fait délirer le public presqu’autant que Time Is Running Out, la précédant.
Le rappel, sous la thématique «symphonie rock démentielle», doublée des hurlements de la foule, a clôturé une soirée de rythmes percutants. L’intro à l’harmonica de Knights of Cydonia a donné le coup d’envoi à une dernière envolée musicale rassasiant définitivement les spectateurs.
Plaidoyer en faveur du chanteur : qu’elle s’inspire de Queen (l’on pense à la magnifique United States of Eurasia, lors de laquelle Bellamy s’est installé au piano, à nouveau juché sur sa plateforme) ou encore incarne une symphonie en trois actes, dont le premier a pris vie lors du rappel, la voix de Bellamy demeure toujours aussi prenante live, supportant une facture sonore hallucinante et presque cinématographique. Son falsetto sert à merveille la bande sonore aux accents souvent mélodramatiques.
Les trois membres ont fait leur entrée en scène juchés sur des plateformes © Richard Lefebvre
Anticonformisme sur trame cinématographique
Ces adeptes d’exploration musicale étaient parvenus à demeurer fidèles à leur sonorité traditionnelle tout en proposant d’ambitieuses pièces en septembre dernier. Encore mercredi soir, alors qu’ils revisitaient de multiples bribes de leur répertoire, les trois acolytes alliaient anticonformisme et audace tout en étant fidèles à eux-mêmes. Car tous ces effets modernistes, aussi grandioses soient-ils, auraient pu noyer le rock progressif de la bande plutôt que de le servir.
Seule ombre au tableau, la section située derrière la scène circulaire ayant été ouverte après la mise en vente des billets, les fans situés à cet endroit n’auront pu profiter que de brèves attentions de la bande, qui a majoritairement livré sa prestation face à l’imposante foule du parterre.
Qu’à cela ne tienne, le trio a offert un spectacle tout simplement grandiose, à la hauteur de leurs hymnes gravés sur disque et prédestinés à prendre magistralement vie en aréna.
Liste des chansons interprétées:
Uprising
Resistance
New Born
Map of the Problematique
Supermassive Black Hole
Guiding Light
Hysteria
Nishe
United States of Eurasia
Feeling Good
Undisclosed Desires
Starlight
Plug In Baby
Time Is Running Out
Unnatural Selection
Rappel:
Exogenesis: Symphony, Part 1
Stockholm Syndrome
Knights of Cydonia






