Milow à l’Astral
Une attachante révélation
Jessica Paradis / 7Jours 2010-03-15 21:57:30
Milow © Richard Lefebvre
Lundi soir dernier, à L’Astral, l’ambiance était, bizarrement, aux retrouvailles, alors que Milow, nouvelle coqueluche pop-folk de 28 ans, originaire de la Belgique, débarquait pour la première fois dans la métropole.
L’interprète de Ayo Technology, de 50 Cent, revisitée à la sauce acoustique, a été accueilli par une salle bondée et généreuse, qui lui a témoigné son amour, tant par des cris que par des applaudissements, et ce, dès qu'il a fait son apparition sur scène, vers 20 h 20.
«Bonsoir, je m’appelle Milow. C’est ma première fois à Montréal. Merci beaucoup», a-t-il lancé après avoir interprété The Kingdom.
Étrange impression de familiarité
Ce qui est étrange, c'est que ce jeune homme, qui a présenteé 12 de ses chansons, accompagné de sa guitare seulement, était un parfait inconnu — du moins, de notre côté de l’Atlantique —, il y a à peine quelques semaines.
Son premier album, intitulé tout simplement Milow, s'est en effet retrouvé sur les tablettes des magasins en février dernier, au Canada, mais il semble que le public n'ait pas tardé à adopter le style musical ainsi que la voix, chaude et posée, de ce nouveau talent.
À voir le public fredonner les refrains de ses chansons, on comprend que son usage de la technologie — il s'est fait connaître en rendant disponible sa version acoustique de Ayo Technology sur YouTube — ne l'a pas seulement révélé au public.
Jonathan Vandenbroeck, de son vrai nom, a poursuivi avec une chanson qu’il a dit avoir écrite «à la fin de 2006», interrompant son discours pour excuser son français qui, soit dit en passant, n’est pas mal du tout. Le voir chercher ses mots ou tout simplement ne pas terminer une phrase a, au contraire, quelque chose de très charmant!
Un répertoire déjà adopté
«I'm gonna move to Canada, Yeah I've made up my mind, Leave everything behind, I'll catch a plane, fly away from this rain». Dès les premières notes de Canada, pièce qui relate l’histoire d’un chanteur qui veut déménager aux Canada pour y faire carrière et, éventuellement, devenir une grande star, qui conquerra les États-Unis et deviendra plus populaire que les Beatles, le public s’est enthousiasmé et a uni sa voix à la sienne.
Mais c’est lorsque le chanteur a interprété One of It que le public a été le plus démonstratif. Les quelques 400 spectateurs avaient visiblement un penchant pour cette chanson, d’une douceur et d’une beauté remarquables.
Puis, il a chantéStephanie, une dédicace à une amie, assassinée par deux membres de sa famille, à l’été 2004. C'était un moment touchant; la chanson a alors pris tout sens.
«L'année 2009 a été pour moi une année énorme», a lancé Milow. Une des seules choses plus négatives est que je n’ai pas le temps d’écrire de nouvelles chansons. Heureusement, j’ai recommencé.» C’est ainsi que In My Pocket, une parodie des chansons d’amour «que tout le monde associe au genre acoustique» a pris naissance sur scène. Des paroles loufoques et un air aussi naïf qu’enjoué n’ont que renforcé le côté attachant de l'auteur-compositeur-interprète et conteur.
Out of My Hands et You Don’t Know, le prochain extrait de son album éponyme, se sont également démarquées du lot, avant que Milow ne chante celle que tout le monde attendait et qui ne cesse de tourner à la radio: la sublime reprise acoustique de Ayo Technology, suivie d’un medley de parodies de chansons tirées du répertoire hip-hop. Sympathique!
Un retour cet été?
La soirée aurait pu s’étirer pour Milow, qui a réussi à charmer le public. Bien qu’il ait l’habitude de se produire en compagnie de ses cinq musiciens, le chanteur a prouvé qu’il avait ce qu’il fallait pour donner un bon one man show.
De plus, si toutes les chansons cadrent bien dans une ambiance intimiste, certaines se sont révélées très prometteuses devant un grand public. Disons qu'il serait intéressant de voir «l’effet Milow» dans un de nos nombreux festivals...
One hit wonder? On devrait plutôt croire à une révélation.
À lire aussi: Notre entrevue avec Milow.
Liste des chansons
The Kingdom
Darkness Ahead
Canada
One Of It
Stephanie
Dreamers and Renegades
Thunder Road
In My Pocket
You Don’t Know
Out Of My Hands
Born In The 80’s
Ayo Technology





