Nouveau spectacle
La Drôle de journée de Michel Barrette
Maxime Charbonneau / 7Jours 2009-08-28 13:00:50
Michel Barrette © Julien Faugère
Michel, parle-moi de ton spectacle, Drôle de journée. Tu dois être en période de rodage actuellement…?
Imagine-toi donc qu’il roule en cachette depuis maintenant 120 représentations. Je n’ai jamais fait de première de ce spectacle et je n’en ferai pas non plus. Il n’y a pas eu de publicité et, pourtant, les salles sont pleines. Normalement, tu bâtis un spectacle, tu le rodes, ensuite tu fais la première, tu souhaites que les critiques soient bonnes et, finalement, tu pars en tournée. Moi, j’ai fait le contraire! Je t’annonce aussi qu’un jour je ferai une dernière. J’inviterai les journalistes, il y aura un tapis rouge, je ferai des entrevues... tout ça pour la dernière d’un spectacle dont personne n’aura entendu parler.
De quoi parles-tu dans ce spectacle?
En fait, je vais t’expliquer comment il est né. Il y a deux ans, j’ai effectué un deuxième vol en F-18 avec un pilote américain des Blue Angels. La vitesse maximale de l’appareil, avant qu’il ne parte en morceau, est de 7,5 G. Le pilote américain, qui voulait assurément me prouver qu’il avait des couilles, a volé à 7,5 G pendant 10 secondes, alors que je n’avais pas de veste protectrice pour compenser. J’ai alors perdu connaissance, et ça m’a complètement démoli. Une semaine plus tard, j’avais un spectacle de prévu et, cinq minutes avant le début, j’étais avec mon meilleur ami, Marcel, et je lui ai dit que, pour la première fois en 25 ans de carrière, j’allais devoir annuler le spectacle, car j’étais incapable de me tenir debout. Marcel m’a alors conseillé d’aller aviser les spectateurs moi-même. Il m’a installé une chaise sur la scène, je m’y suis présenté et j’ai commencé à expliquer ma situation aux gens. Deux heures plus tard, je me suis levé pour retourner dans les coulisses. Je venais d’improviser un spectacle et, selon Marcel, je n’avais jamais été aussi drôle que ce soir-là.
Encore une fois cette année, en compagnie de ta complice, France Castel, tu reviens à la barre de Pour le plaisir, et ce n’est pas de la frime: tu sembles véritablement en avoir, du plaisir…
J’aime ça à m’en confesser. Lorsque je viens tourner l’émission, dans ma tête, j’ai 17 ans et je m’en viens à la polyvalente faire des mauvais coups. C’est comme ça que je me sens tous les matins. Ça me tient occupé comme ce n’est pas possible mais, quand tu aimes ce que tu fais, tu le fais.
Michel, vraisemblablement, tu n’arrêtes pas. Tu dois être touché et honoré d’être toujours aussi en demande, non?
En vieillissant, on a l’impression que ça va bouger moins mais, au contraire, plus je vieillis, plus je suis en demande et plus j’ai de plaisir aussi. On m’offre des affaires vraiment formidables et qui vont littéralement dans deux extrêmes. Par exemple, au début de l’été, j’ai tourné dans le plus récent film de Robin Aubert, À l’origine d’un cri, un film très sombre. En contraste avec ça, je tourne actuellement une nouvelle comédie de situation, Rock et Rolland, qui sera présentée à TVA. Les offres rentrent tout le temps, je n’arrête pas, et c’est formidable.





