Spectacles

Première d'Alex Perron

Il fait son coming out... humoristique!

Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-10-03 07:00:19
Alex Perron © Collaboration Alex Perron © Collaboration

Personnage coloré et totalement éclaté, Alex Perron s’apprête à faire son coming out humoristique sur la scène du Théâtre St-Denis avec son tout premier one man show, Un gars c’t’un gars. Il y a quelques années, les spectateurs ont été charmés par le «fif» du trio Les Mecs Comiques.

Rencontré peu avant le jour J, Alex semblait à la fois fébrile et stressé. «Il y a une aura qui entoure cette soirée. Si quelqu’un a vu mon spectacle et ne l’a pas aimé, c’est correct. On ne peut pas plaire à tout le monde. Par contre, le critique, s’il ne l’a pas aimé, il l’écrit le lendemain, et il faut être naïf pour penser que ça n’a pas une incidence sur la suite des événements. J'ai donc toujours ça en tête.»

À 38 ans, l’humoriste se lance sans filet dans son premier one man show, avec deux acolytes en moins. «C’est hyper tripant, parce que je vais me retrouver seul sur la scène et que je vais pouvoir faire ce que je veux. C’est vraiment un plaisir égoïste. Mais je me dis également que, cette scène-là, je dois l'occuper, et, si je fais une joke qui ne passe pas, ça se prend moins bien tout seul.»

Le retour sur scène d'Alex en solo lui permet de pousser plus loin l’exploration du personnage. S’il a bâti sa carrière autour de son homosexualité, il aborde, au cours de ce spectacle, des thématiques aussi variées que les diététistes et les control freak.

«Je pense que c’est ce qui surprend les gens dans la salle. Le spectacle est évidemment "teinté" de mon homosexualité, mais il y a plein de numéros qui n’ont aucun lien avec ça. Un humoriste a une couleur, c’est une carte de visite. On attire les spectateurs de cette façon. Au début du spectacle, je lance: "Je le sais que, si vous êtes ici, c’est parce que je suis fif! C’est donc une manière de leur dire que je suis ça, mais que je suis aussi autre chose."

Alex se dit d’autant plus surpris de constater que son show s'adresse aux gens de 16 à 77 ans. «Ça, c’est vraiment ma plus belle surprise. Je ne sais pas où je suis allé les "pêcher"! Je suis étonné de voir comment les personnes plus âgées embarquent dans le spectacle.»

Control freak

À n’en pas douter, l’humoriste assume pleinement son homosexualité, mais il assume également son côté control freak, un trait de personnalité qui relève du cauchemar pour certains. «C’est vraiment atroce mais, à 38 ans, je ne peux pas changer. Je pense que c’est une très belle qualité. Dans ma tête, tout ça est logique, et ça me fait du bien de savoir que mes affaires sont prévues. Si j’analyse le tout avec un peu de recul et de jugeote, je sais que je suis complètement "frosté", mais je pense qu’à travers ça je suis d’une efficacité redoutable.»

Un gars c’t’un gars, dont la mise en scène est signée Chantal Lamarre et dont la direction artistique est assurée par Pierre Bernard (André Sauvé, Le mystère d’Irma Vep), nous permet de découvrir de nombreuses facettes d'Alex Perron.

La vision d’un gars sur…

Le hockey: «Ça m’intéresse moins mille! Ce qui m’intéresse, par contre, c’est la frénésie entourant le hockey. Ça me fascine.»

La masculinité au XXIe siècle: «Je trouve que les hétéros en arrachent. La fille a plutôt bien trouvé sa place dans la société; elle s'est épanouie. Le gars, lui, se cherche, et sa blonde lui en demande pas mal. Je ne voudrais tellement pas être hétéro. C’est bien trop compliqué!»

L’homosexualité: «Des fois, je trouve qu’on a fait des pas extraordinaires. D’autres fois, je trouve que le pas n’est pas si grand que ça. On focalise beaucoup sur Montréal, où c’est plus facile parce que c’est une grande métropole, mais je ne suis pas sûr qu’à Rouyn-Noranda ce soit gagné d’avance.»

Le mariage gai: «C’est une bonne affaire dans le sens où ça permet de légaliser les choses. J’ai entendu des histoires d’horreur où l’un des deux conjoints décédait et les membres de la famille venaient récolter, par exemple, ce qu’ils avaient investis dans une maison. Ceux qui ont envie de "faire le trip" du mariage, tant mieux. Moi, ça ne me touche pas. J’ai autant envie de me faire scier les deux jambes que de me marier.»

Les enfants: «Je me suis questionné à ce sujet au début de la trentaine. Tous mes amis se sont mis à pondre des enfants. Ça change le portrait. De plus, les enfants m’aiment. Je les attire, et mon chum en voulait vraiment. Ç'a été un sujet épineux dans notre couple. Je me suis rendu compte que j’étais bon avec ceux des autres, mais que je n’avais pas envie d'avoir cette responsabilité-là. Quand l'enfant a six mois, tu ne peux pas te dire que tu t’es trompé et le retourner. J’avais aussi en tête que tant que l’enfant est chez toi, il n’y a pas de problème, mais quand il entre à l'école et se rend compte que, contrairement aux autres, il a deux papas, ça change tout. Ç'aurait été comme lui imposer ce choix.»

Alex Perron donnera un spectacle au Théâtre St-Denis les 5, 6 et 9 octobre à 20 h.

 
 
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