Martin Dubé au Québec
«René Simard est mon mentor»
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-10-09 13:35:07
Martin Dubé © Collaboration
Après une quinzaine d’années de carrière anglophone, lors desquelles il s’est notamment produit au Moulin Rouge, de Paris, puis a été invité par l’animateur Larry King à chanter à l’occasion d’une campagne de financement de sa fondation contre les maladies du cœur, Martin Dubé s’apprête à réaliser un grand rêve, celui de se produire dans sa terre natale.
Joint au téléphone vendredi dernier, tout juste avant son retour au Québec, l’imitateur parle avec véhémence d’un spectacle spécialement adapté pour le public québécois, Par la voix des airs.
Tu donnes ta toute première représentation au Québec, ce soir, au Palace de Granby. Comment te sens-tu?
Toute l’équipe est très fébrile. Je prends l’avion dans quelques minutes. C’est très spécial, ce qui arrive présentement. J’attendais ce moment depuis des années. Quand j’ai débuté, je voulais vraiment monter un spectacle pour le Québec, surtout que je ne parlais pas anglais. Finalement, la vie en a décidé autrement. Même si on donnait des spectacles partout dans le monde, chaque année, je demandais à l’équipe si c’était possible de rentrer avec une production au Québec et, chaque fois, c’était toujours la même réponse: «La demande est là, mais on ne peut pas.» Quand on a signé avec le Groupe Spectacles Gillet (GEG) il y a quelques mois, je me suis dit: «C’est cette année que ça se passe.» Dans le fond, toute l’équipe se fait un cadeau. On avait tous envie de faire de la tournée en auto!
Que nous réserves-tu comme spectacle?
Comme on a eu la chance de voyager pendant plusieurs années, on s’est inspirés de ça. C’est un voyage musical de 90 minutes sur huit décennies, donc d’Édith Piaf à Simple Plan. Ça touche un éventail très large, et c’est vraiment pour toute la famille, de 7 à 77 ans.
Tu as un impressionnant registre de cinq octaves. Comment ça se traduit sur scène?
J’imite autant d’hommes que de femmes. Que ce soit Louis Armstrong ou Maria Callas, Ginette Reno ou Céline Dion, il y en a vraiment pour tous les goûts. Je suis bien fier de mon show. J’ai tellement de fun à le faire! De plus, on a Bruno Landry à la mise en scène, René Simard comme conseiller artistique, Sylvain Larocque et Christian Bolduc aux textes.
Comment en es-tu venu à collaborer avec de grands noms québécois?
Ça fait près de deux ans que je travaille avec Bruno. Ça faisait déjà quelques années qu’on espérait avoir le temps de monter un spectacle pour le Québec. Je travaille avec René depuis cinq ou six ans. C’est comme un mentor. Il est toujours là pour me guider lorsque je monte de nouveaux numéros. C’est un homme vraiment exceptionnel, et je suis chanceux de l’avoir à mes côtés.
Adaptes-tu toujours ton spectacle selon le pays où tu te trouves?
On a quatre versions. Lorsqu’on a signé avec GEG, la commande était claire: on devait monter un spectacle pour le Québec. Par contre, j’ai décidé de traduire les numéros que je fais depuis longtemps et qui obtiennent toujours de bonnes réactions. Je travaille avec une personne qui s’appelle Joe Bodolai, qui était le producteur de Saturday Night Live et qui a fait le premier Wayne’s World avec Mike Myers. Quand je l’ai rencontré, je ne parlais pas un mot d’anglais, mais il croyait en mon talent. Il fait partie de mon équipe depuis le début.
Quels sont les numéros spécialement conçus pour le Québec?
On a, entre autres, la chance d’avoir la participation très spéciale du commandant Robert Piché. Étant donné qu’on voyage en avion, ça nous prenait un pilote. On l’a contacté. Il a adoré l’idée et accepté de se joindre à nous. M. Jean Pagé a aussi décidé de se joindre au spectacle. On a un numéro 110 %. Je me bidonne à le faire, surtout que ça me donne la chance d’improviser un peu. On sait que le sujet chaud de l’heure dans la Ligue nationale de hockey est l’abolition des bagarres. On a décidé de faire notre débat sur le hockey et la boxe. Je campe quatre personnages: d’un côté, on a nos spécialistes du hockey, Michel Bergeron et Réjean Tremblay, et de l’autre, nos spécialistes de boxe, soit Stéphane Ouellet et Régis Lévesque.
Est-ce plus énervant de se produire dans son pays natal?
La nervosité encore plus grande, justement parce qu’on arrive chez soi. Quand tu as fait le Moulin Rouge et Larry King, la barre est un peu haute. On a participé à tellement d’événements majeurs que cela ajoute du stress. J’aimerais revenir en arrière et me dire que je n’ai rien fait, que je commence au Québec, mais ce n’est pas le cas. Dans le fond, je suis vraiment chanceux, parce que j’ai la chance de voyager partout dans le monde. J’ai rencontré plein de gens exceptionnels et découvert des cultures différentes. Je suis heureux, mais là je suis vraiment content de revenir au Québec. Je ne peux même pas exprimer comment j’ai hâte!
Par la voix des airs, de Martin Dubé: première montréalaise, au théâtre St-Denis, le 14 octobre prochain





