Tournée Un gars, c’t’un gars
«J’ai la glande du bonheur facile» - Alex Perron
Marie-France Pellerin / 7Jours 2010-02-06 12:00:38
Alex Perron © Collaboration
«En décembre l’an dernier, je me disais que je n’y arriverais pas», lance Alex Perron au sujet de son premier one man show. Pourtant, l’humoriste, pris d’un soudain désir de se remettre en danger, a fait le grand saut en solo sur scène et a littéralement triomphé à Québec et à Montréal. Rencontré dans un café de l’Avenue Mont-Royal, la conversation oscille entre la tournée et ses multiples passions.
L’ex-Mec Comique était de passage dans la vieille capitale le 21 janvier dernier afin d’y offrir en grande première Un gars, c’t’un gars. S’il admet que l’événement se voulait moins stressant que sa première montréalaise, se produire devant les membres de sa famille s’est avéré un exercice plutôt ardu.
«Quelle horreur! Il n’y a rien de pire que ça.» La soirée a pourtant engendré des moments émouvants, la palme revenant au numéro portant sur son coming out. «Ma mère ne l’avait pas vu encore. Ce soir là, il y avait une toute autre charge émotive rentrant en ligne de compte.»
La dame s’est trouvée à la fois emballée et plutôt fière de son fiston. «Elle est très critique, mais elle était particulièrement calme et surprise. Elle n’avait pas beaucoup de commentaires. Elle ne m’avait pas souvent vu sur scène. Elle a été un peu impressionnée de constater que je pouvais tenir la route pendant une heure quarante.»
Ayant repris ses esprits au lendemain de la première, sa mère avait toutefois recouvré son sens critique. «Elle trouve que je parle un peu trop de sexe et que je sacre trop à son goût. Elle me dit toujours: "Les gens vont avoir l’impression que je t’ai élevé comme ça! " Je sais que dans le fond elle aime bien ce que je fais. Elle m’a toujours encouragé.»
On the road again
Malgré tout le plaisir qu’il éprouve à monter sur les planches, Alex ne peut cacher à quel point le processus de rodage fut difficile. «Maudit que c’est de la job! Tout le monde a énormément travaillé. Quand tu es dans le rodage, tu enlèves un numéro, en rajoute un autre. Il y avait des bouts super tripants; il y en avait d’autres où j’étais assis chez moi à pleurer, me disant que je pourrais plutôt juste préparer mes chroniques et avoir la paix! À ce moment-ci, quand tout est placé et que ça roule, je suis super content.»
Alex, qui s’apprête à aller visiter Dolbeau et Rouyn-Noranda, réapprivoise peu à peu le fait de vivre dans ses valises. «Faire une tournée à 25 ans et en faire une à 38, c’est un autre bail. Je suis un peu moins patient», lâche-t-il de son rire contagieux.
D’ailleurs, pas question de partir de longues périodes. «J’aime mieux étirer la tournée et en faire moins par semaine. Je voulais aussi me garder un pied à la télé. Je ne veux pas être six jours sur la route et revenir laver mes bobettes la septième journée avant de repartir.»
Un grand Twitteux
Hyperactif sur Twitter et Facebook, l’humoriste voue un véritable culte aux réactions instantanées dont regorgent ces sites. «Il y a un feedback direct. Quand je reviens d’un show, j’ai déjà des messages de gens qui étaient dans la salle. Je ne compte plus le nombre de madames qui m’invitent à souper ou à magasiner.»
Alex est toutefois loin d’y avoir développé une dépendance. «Si ça devient ta vie sociale et que tu voies moins tes amis parce que tu as peur de manquer un Twit, c’est un problème.»
Fasciné par l’humain, il considère plutôt ces plateformes comme de véritables portes ouvertes sur le monde. «Il y a cette clique de blogueurs à l’affût de tout. J’ai su que Michael Jackson était mort par Facebook. Tu dois par contre maîtriser ça. Je ne mets pas de photos personnelles. Vous ne me verrez jamais en bobettes! Quand tu es une personnalité publique, ça vient avec une responsabilité. Les médias reprennent ce que tu dis. Tu dois être conscient que ce que tu lâches peut prendre d’énormes proportions.»
Les écrits restent
Alex livre ses impressions sur quelques-uns de ses Twits.
Merci Ville de Montréal. Grâce à votre trottoir merdique, un beau jeune homme a glissé sur moi et nous sommes allés percuter une poubelle.
«Je déteste l’hiver. Je ne fais presque pas de sports. Ça m’horripile. Je reste dans le chalet. Aller me promener dehors, je ne trouve pas ça féérique pentoute! Je ne vois pas le plaisir d’avoir les babines gelées et les yeux qui coulent en descendant une piste de ski.»
Et le dimanche, il resta effoiré sur le divan....
Comment gères-tu vie de tournée et vie personnelle?
«Il faut essayer de garder l’équilibre. Si tu as un partenaire qui t’attend pour faire des activités, c’est sûr que ça peut être long. Il n’y a rien de pire que de partir en se disant : "Ah mon dieu, il m’attend dans le salon! " Tu as cette pression sur les épaules. J’ai heureusement un chum bien compréhensif.»
Merci pour vos fabuleux commentaires, ça me titille la glande du bonheur !
«J’ai la glande du bonheur assez facile. J’aime les petites affaires de la vie. Les gros trucs me touchent moins. Je suis comme une matante. J’aime ma gang et j’en prends soin. Mes techniciens en tournée avaient les mains sèches. Je leur ai acheté de la crème à mains. Ça me fait plaisir et j’ai fait ma petite part.»
Si docteur House trouve la maladie à chaque émission, comment se fait-il qu'à chaque épisode, les médecins ne lui font jamais confiance?
Tu es un grand consommateur télé?
«C’est impossible que quelqu’un ait la télécommande si je suis dans la place. Je pense avoir développé une technique de pitonnage qui est juste assez vite. Mon chum est trop lent. On perd du temps. Quand on travaille dans ce milieu, on doit se tenir au courant. On s’inspire de ce qui se fait.» Ses émissions fétiches? Glee, Aveux, Les parents et Mirador.
Parlant télé…
Alex sera l’un des invités-vedettes du quizz Atomes crochus à V en mars prochain. «Je suis très content de participer à ce type d’émission. J’ai hâte de commencer. J’aime les quizz.»
Il poursuit entretemps ses chroniques à Pour le plaisir, à Radio-Canada : «Michel Barrette et France Castel ensemble, c’est un duo assez incroyable et farfelu. Je suis convaincu que cette émission-là m’a amené un public un peu plus âgé.»
Alex Perron sera en supplémentaire les 19 et 20 mars au St-Denis 2.





