Première de Clash
Un huis clos signé Daniel Lemire
Marie-France Pellerin / 7Jours 2009-07-23 02:03:02
© Guy Beaupré
Après avoir multiplié les spectacles solos et flirté avec le petit écran, Daniel Lemire ajoute une corde à son arc, se lançant cette fois-ci dans l’écriture théâtrale. L’humoriste, qui a présenté en grande première sa pièce Clash, mercredi soir, a une fois de plus démontré ses talents d’auteur et n’a rien perdu de sa plume grinçante.
Quatre comédiens talentueux ainsi que des dialogues punchés et efficaces signés Lemire: voilà une recette somme toute magique. Pourtant, l’huis clos dans lequel se retrouvent les personnages aurait pu rapidement engendrer ennui et redondance. Or, avec la fine écriture qu’on lui connaît, l’auteur a su tisser un récit terriblement cocasse où les moments dramatiques confèrent davantage de vigueur aux répliques comiques.
Conviés au chalet des Allard, les Bergeron sont forcés de prolonger leur séjour lorsqu’une tempête de verglas s’abat sur la région. Les deux couples diamétralement opposés, réunis par le mariage de leurs enfants, se voient ainsi forcer de cohabiter trois jours. La vraie nature des personnages refait surface, causant rapidement moult frictions.
La première scène installe d’emblée le climat de la pièce: Patricia (Geneviève Rioux), vêtue d’une robe de soirée, virevolte allègrement sous les rires exagérés de Christian (Pierre Lebeau) et la mine découragée de son conjoint, Brian (Sylvain Marcel). Quelque peu en retrait, Monique (Dominique Pétin) observe la situation d’un air apparemment détaché. Le clash est immédiatement perceptible.
La balle rebondit d’un personnage à l’autre pour finalement atteindre une première cible. Le ton est franc, tranchant et définitivement caustique. Ces trois jours cloîtrés en campagne s’annoncent une véritable partie de plaisir pour les spectateurs.
Une mise en scène efficace
Geneviève Rioux est tout simplement sublime dans son personnage quelque peu perdu, noyant sa névrose dans l’alcool et les médicaments, alors que Dominique Pétin, dans le rôle d’une ménopausée écolo-granola, est hilarante et touchante de vérité.
Sylvain Marcel a souvent donné dans le «gros colon». Cette fois-ci, vêtu d’un complet Armani, il fait pouffer de rire le public avec un personnage grossier, qui pourrait néanmoins être votre voisin. Pierre Lebeau, habitué aux personnages forts, est assurément une des belles surprises de la soirée avec son rôle de directeur d’école en sabbatique, timoré et sans grande envergure.
Il signe par ailleurs une mise en scène d’une redoutable efficacité, alors que tous jonglent brillamment avec les lignes assassines. Chapeau d’ailleurs à Lemire qui, loin de bombarder les spectateurs de répliques drôles, a plutôt offert un juste dosage d’humour.
Clash: jusqu’au 5 septembre 2009 à la salle André-Mathieu à Laval.





