Festival Montréal en lumière 2010
Les 7 doigts de la main: acrobates de l'âme
Vanessa Guimond / 7Jours 2010-02-09 18:38:59
Le spectacle Psy par la troupe Les 7 doigts de la main © Lawrence Arcouette
Après avoir transporté le public dans un univers imaginaire situé quelque part entre la vie et la mort grâce à leur création La Vie, la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main sera de retour à la TOHU à compté du 12 février avec Psy, leur plus récente fantaisie.
Présentée dans le cadre du Festival Montréal en lumière, la quatrième production originale de ce collectif à l'imagination débridée propose aux amateurs des arts du cirque de s'aventurer dans les méandres des pensées de 11 personnages qui passeront tour à tour sur le divan de leur psychologue.
Jonglerie, roue allemande, mâts chinois, corde aérienne et planche sautoire comptent parmi les outils qui seront utilisés par ces individus troublés afin de vaincre leurs divers maux, de l'hypocondrie à la paranoïa.
«Ç'a été assez complexe pour nous, les artistes, de se mettre dans la peau de personnages qui souffrent de diverses pathologies, a confié Julien Silliau, adepte de la roue allemande. Je joue un addict dans le spectacle et j'ai dû me mettre dans la peau d'un personnage qui est en manque de quelque chose. Le but de cet exercice n'était pas d'apporter une ambiance triste ou déprimante au spectacle, mais juste de savoir exactement comment je dois pratiquer mon art tout en respectant l'histoire. C'est aussi ça, la beauté du cirque théâtral!»
Différent de son prédécesseur La Vie qui donnait plus dans le type cabaret, Psy explore en effet un autre univers, plus théâtral, où la mise en scène joue un rôle crucial. Entre des décors plus poussés et la gestion de 11 artistes quasi omniprésents sur scène, la cofondatrice des 7 doigts de la main Shana Carroll admet avoir relevé un beau défi en orchestrant le spectacle.
«Ç'a été un grand défi, parce que c'est le plus gros spectacle que nous avons monté jusqu'à présent. C'est la gestion du temps, avec autant d'artistes qui doivent s'entraîner et qui ont des besoins différents, qui a compliqué les choses un peu pour la mise en scène. Cependant, nous voulions créer un spectacle de plus grande envergure et je crois que c'est réussi.»
Bien que l'agoraphobie, les troubles obsessifs compulsifs et le syndrome de personnalités multiples sont des maux que l'on aborde peu souvent au sein de la société, Shana Carroll croit que le succès de Psy sera possible grâce au bon dosage des éléments qui ont fait la réputation de leur compagnie, tels l'émotion, la profondeur et l'humour.
«Nous avons pris beaucoup de risques et j'admets que nous avons eu quelques craintes par rapport au sujet de la psychologie que nous abordons dans le spectacle, a-t-elle ajouté. Nous ne voulions pas tomber dans un univers noir et perturbé, mais nous ne voulions pas non plus donner dans la caricature. Je pense que nous avons réussi à ne pas tomber d'un côté ou de l'autre en nous fiant à nos instincts.»
«Je trouve que Psy est une super aventure, parce que le spectacle traite de tocs dont nous pouvons tous souffrir à différents degrés dans la vie, a confié Mohamed Bouseta, spécialiste du main à main. En tant qu'artiste, c'est une expérience très humaine que nous vivons de l'intérieur et ce que j'aimerais par-dessus tout, c'est que les gens se rendent compte que nous pouvons nous servir du cirque pour parler de choses un peu plus sensibles comme les maladies mentales, par exemple.»
Avant de poursuivre sa route vers l'Europe et les États-Unis, Psy sera présenté à la TOHU du 16 février au 6 mars.
Toutes les informations concernant le spectacle et l'achat de billets se trouvent au www.tohu.ca.





