Première d'Edgar et ses fantômes
Les comédiens et la musique enchantent les spectateurs
Sophie Montminy / 7Jours 2010-09-09 21:48:23
Vicent Bilodeau en Bach, André Robitaille en Mozart et Edgar Fruitier © Pascale M Lévesque
Rencontrer Mozart, Beethoven, Jean-Sébastien Bach et Érik Satie relève du miracle. C’est d’ailleurs grâce à une flûte enchantée qu’Edgar Fruitier a pu rencontrer ses idoles. C’est aussi lors de la première de la pièce Edgar et ses fantômes, présentée au Monument-National jeudi soir, que les spectateurs ont pu aller à la rencontre de grands chefs-d’œuvre.
À la levée du rideau, Edgar Fruitier se trouve dans son appartement, où des centaines de disques sont empilés les uns par-dessus les autres. Le mélomane décide d’écouter La flûte enchantée, de Mozart, et s’endort tranquillement. C’est alors qu’un personnage de l’opéra apparaît et lui remet la fameuse flûte ainsi qu’une boule de cristal qui montre le déroulement de l’histoire de l’humanité.
Ensuite, un rideau se lève, et on découvre un orchestre de 25 musiciens installés sur la scène avec le chef Jean-Pascal Hamelin. La présence de ces musiciens laisse présager un échange entre une partie théâtre et une autre de style concert. Ce dialogue entre les acteurs et l’orchestre sera apprécié tout au long de la pièce, car la meilleure façon de découvrir un compositeur, c’est d’entendre ses musiques.
Comme première découverte, c’est la musique de Bach qui est offerte aux spectateurs avec l’arrivée du compositeur, joué par Vincent Bilodeau. Les situations cocasses ne cesseront de s’enchaîner, puisque les compositeurs se retrouvent en 2010 et essaient de comprendre ce qui est arrivé à leurs musiques.
Il faut avouer que les dialogues entre les compositeurs et Edgar sont surprenants et enrichissants. L’artiste se fait un plaisir d’étaler ses connaissances musicales, alors que les compositeurs nous expliquent leurs histoires, parfois drôles, parfois touchantes. Même si quelques échanges méritent d’être un peu plus spontanés, le spectateur en apprendra énormément. Ceux qui connaissent bien la vie des compositeurs se feront un plaisir de redécouvrir certains moments importants de leur vie.
Alors que Vincent Bilodeau joue un Bach plutôt sévère et curieux, l’arrivée d’André Robitaille donnera un second souffle à la première partie. Celui qui incarne Mozart met en valeur son tempérament enfantin et provocateur, ce qui donne des échanges échauffés avec Bach.
Les discussions entre les compositeurs sont totalement inventées, puisque Bach et Mozart ne se sont jamais connus. Par contre, on imagine très bien les deux hommes en admiration l’un devant l’autre et parfois réciproquement jaloux. Les échanges avec Edgar ne sont pas moins intéressants, puisque le mélomane se fait un plaisir d’expliquer les réalités des artistes d’aujourd’hui avec leurs commanditaires. La réalité de 2010 fait souvent sourire bien des gens. Un peu plus tard, les dialogues rêvés avec Beethoven, joué par Sylvain Massé, et avec Érik Satie, joué par Jean Marchand, continuent de nous donner le goût de rencontrer ces grands hommes.
Un spectacle chargé
Les spectateurs adoreront entendre leurs musiques favorites jouées par un orchestre solide et participatif. On se fera un plaisir d’écouter autant les musiques plus connues de Mozart et celle moins connue de Bach.
Edgar et ses fantômes, mise en scène par Normand Chouinard, est la pièce idéale pour les amateurs de musique classique, mais également pour ceux qui veulent commencer leur apprentissage de la musique de grands compositeurs. Cette pièce est également parfaite pour les jeunes, qui reconnaîtront des airs connus. La rencontre avec ces grands compositeurs nous donne justement le goût d’écrire toutes les questions qu’on veut leur poser, comme le dit si bien Edgar à Mozart et à Bach.
La pièce créée par Normand Chaurette donnera le goût d’aller se procurer les quatre coffrets de la collection Les grands classiques d’Edgar, pour réentendre les extraits joués durant le spectacle.
Edgar et ses fantômes est présentée au Monument-National jusqu’au 25 septembre 2010 et à Québec du 26 au 28 janvier 2011.





