La méchante de Lance et compte
Le vrai visage de Julie du Page
Par Sylvie ZavaroPhotos: Bruno Petrozza / 7Jours 2006-11-13 14:48:39
Julie du Page © Bruno Petrozza
Sexy et troublante, Julie du Page nous offre toute une gamme d’émotions fortes en interprétant la diabolique Valérie Nantel dans la série Lance et compte. Si la belle comédienne aime jouer les méchantes, elle préfère avant tout son rôle de mère, d’autant plus qu’elle attend un deuxième enfant!
Julie, vous étiez à Los Angeles lorsque vous avez entendu dire que Réjean Tremblay, l’auteur de Lance et compte, était à la recherche d’une comédienne pour interpréter Valérie Nantel, n’est-ce pas?
J’ai appris qu’il cherchait quelqu’un, alors j’ai décidé de lui envoyer un courriel. Puis je suis revenue à Montréal afin de passer l’audition. Et j’ai rapidement su que j’avais décroché le rôle. Ç’a été aussi simple que ça. Comme quoi, quand les astres sont bien alignés...
Comment avez-vous su que
c’était vous, Valérie Nantel?
J’avais très, très peu d’information sur le personnage. Je savais que c’était un rôle complexe, une fille un peu tordue, diabolique. Il y avait matière pour une actrice à déployer ses talents et à user de toute une palette d’émotions.
Tous les comédiens rêvent d’un rôle où ils pourront montrer ce qu’ils savent faire. Et surtout, je souhaitais jouer quelqu’un qui était à l’opposé de moi pour pouvoir aller chercher autre chose que ce qu’on veut normalement trouver dans la vie. Donc, c’est dans ce sens-là que je me suis dit «Je suis Valérie Nantel», et non parce que je m’identifiais à elle.
Je présume que vous devez
beaucoup à ce personnage-là...
Oui. Les journalistes me demandent souvent si j’aime Valérie Nantel et,
effectivement, je l’aime parce qu’elle m’a procuré des émotions tellement fortes! Elle m’a forcée à me creuser
les méninges et à travailler très fort. J’aborde tous mes rôles avec la même ardeur, le même travail parce que j’ai été élevée comme ça.
Valérie m’a fait suer, mais dans le bon sens du terme. J’ai été contente de parler à des psychiatres et de faire une recherche un peu plus poussée sur elle puisqu’elle est diamétralement opposée à moi. Je me devais de trouver le plus de renseignements possible et d’aller au plus profond de moi-même pour pouvoir l’apprivoiser et la faire mienne.
Quand les gens vous
croisent dans la rue, vous
appellent-ils Valérie?
Non, pas du tout. Il y a deux ans, comme les gens ne connaissaient pas vraiment mon nom, ils disaient: «Ah, c’est la fille de Lance et compte, la méchante, l’haïssable.» Maintenant, de plus en plus, ils s’adressent à moi en utilisant mon prénom. En fin de compte, je suis contente parce que
le danger quand on joue des personnages forts est d’être identifié à eux. C’est à double tranchant.
Mais, heureusement, le public ne m’appelle jamais Valérie. Probablement que lorsque les gens me croisent, ils se disent que je n’ai tellement pas l’air méchante qu’ils ne peuvent pas
m’appeler ainsi.
Il y a aussi le fait que vous souriez tout le temps!
C’est vrai que je souris beaucoup. Ma vie est celle d’une jeune maman. Il faut dire aussi que le public me voit au supermarché, au parc avec ma fille, dans des endroits banals et normaux, quoi! Peut-être qu’inconsciemment les gens se disent que Julie du Page n’est pas méchante et qu’ils ne peuvent pas m’appeler Valérie. (rires)
Avez-vous néanmoins quelques points communs avec elle?
Je n’en ai aucun avec Valérie, si ce n’est sa détermination. Il n’y a rien de pervers en moi. Au contraire, je suis ultra saine. Valérie calcule tout — sa vie entière est planifiée. De mon côté, je ne le fais pas systématiquement.
De toute façon, je n’étais pas spécialement bonne en mathématiques! (rires) Par ailleurs, je me suis aperçue que ce n’est pas la méchanceté de Valérie Nantel qui me dessert, mais sa sophistication. Les gens du métier s’imaginent que je ne peux jouer que des personnages sophistiqués. On ne me propose pas grand-chose, d’ailleurs.
Si on me demandait par exemple de jouer le rôle d’une femme du Plateau-Mont-Royal à la Michel Tremblay, je serais super contente! Mais on ne pense pas à moi pour ces rôles-là.
Comment avez-vous
vécu le tournage de
cette émission? vous
deviez jouer uniquement
avec un ou deux comédiens...
J’avais l’impression de faire une série dans une série, c’est-à-dire que j’avais le sentiment de faire
ma petite histoire dans Lance
et compte. C’était assez curieux comme feeling. Avec le temps, j’ai appris à connaître les autres comédiens, ne serait-ce qu’au cours de fêtes de tournage. Quand on embarque dans un projet comme Lance et compte, on est porté
par l’esprit de famille.






