Karine Vanasse
Marie-Antoinette, Reine de France
Par Michèle Lemieux / 7Jours 2006-12-20 22:49:47
Karine Vanasse en Marie-Antoinette © Télé-Québec
C’est avec une audace tout à fait surprenante que des Québécois ont entrepris de transposer au petit écran la vie de Marie-Antoinette, la souveraine de France guillotinée lors de la Révolution française. Karine Vanasse est heureuse de camper ce rôle, bien qu’elle ait d’abord refusé de passer une audition... de peur de la rater.
Karine, comment se prépare-t-on à incarner Marie-Antoinette?
Je dois dire que c’est un rôle qui «m’est arrivé» à la dernière minute. Juste avant la fin d’Un homme mort, on m’a appelée pour me dire qu’il y avait des auditions. Je prenais part à des tournages de nuit à ce moment-là. Marie-Antoinette n’est pas n’importe quel personnage... Je n’avais pas envie de me présenter devant Francis Leclerc et Yves Simoneau sans m’être bien préparée. J’ai donc d’abord refusé de passer l’audition
en disant que je n’avais pas le temps, que je ne voulais pas faire ça n’importe comment et être déçue. On m’a rappelée, et j’ai décidé de me présenter, en espérant que je ne serais pas trop fatiguée et que j’aurais le temps d’apprendre mes répliques comme il faut. En fait, j’ai commencé par décliner l’offre parce que je voulais tellement ce rôle! Puis, je me suis dit que je ne pouvais pas me permettre de manquer cette audition. Je pense que je suis un peu orgueilleuse... (rires) Francis m’a dit par la suite que c’était très évident que je désirais incarner cette reine.
Es-tu allée en France avant le premier tour de manivelle?
Oui. Quelques jours après avoir appris qu’on m’avait choisie, je suis partie à Paris avec l’équipe pour essayer des coiffures et des costumes. Deux semaines plus tard, je commençais le tournage. Je n’aurais pas pu être plus heureuse, je flottais sur un nuage! J’étais déjà allée à Versailles, mais cette fois-ci ma visite a été bien
différente.
Aimais-tu cet illustre
Personnage?
Oui. C’est une personnalité mal
connue, à mon avis. J’avais tellement de préjugés au sujet de cette femme. J’avais l’impression qu’elle n’avait pas été préoccupée par son peuple, je la croyais égoïste. Ce qui a fait que je me suis attachée à elle, c’est la fin de sa vie, de la Révolution française jusqu’à ce qu’elle soit guillotinée. Elle était forte. C’est là que la légende de Marie-Antoinette se «révèle». En fait, il faut juste se rappeler qu’elle avait 14 ans lorsqu’elle est arrivée à Versailles.
On ressent une certaine
indulgence de ta part
envers elle.
C’est vrai. C’est touchant de voir que cette petite fille a été désirée par le peuple français, puis que la situation s’est complètement retournée, et ce, bien malgré elle. Je trouve ça bien triste. Elle était tenue tellement loin du peuple qu’elle n’a jamais vu les choses se préparer. Ce qui m’a touchée chez elle, c’est la fin de sa vie et son attachement à ses enfants.
Et c’est sans doute un véritable bonheur pour toi de porter des costumes magnifiques...
Oui. À Paris, j’ai essayé des robes, des chaussures, des bijoux... C’était incroyable! Je me suis plu à porter ça.
Le projet, semble-t-il, a été bouclé en un temps record.
Oui; le tout a été fait en trois semaines. Le budget n’était pas gros, mais la «volonté» était présente. Nous avions le souci de bien faire. Le fait de travailler avec Francis et Yves a été merveilleux. Pendant la dernière semaine de tournage, je dormais au studio. Ça prenait deux heures pour me transformer avant chacun des tournages — surtout à cause des coiffures, qui étaient compliquées à réaliser —, j’ai décidé de dormir sur place pour ne pas avoir à faire de la route.
275 perruques et 250 costumes ont été utilisés pour les besoins de Marie-Antoinette?






