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Pierre-François Legendre

Au secours de Carlos!

Par Samuel Pradier / 7Jours 2007-03-19 19:20:49
Pierre-François Legendre Pierre-François Legendre © Jean Langevin

Pierre-François Legendre est de plus en plus populaire, notamment grâce à son rôle de Carlos dans la série Les Invincibles, diffusée à Radio-Canada. Le comédien a certains points communs avec son personnage, mais il est beaucoup plus vivant et sympathique que celui-ci. Il nous le prouvera en nous présentant sa nouvelle émission, Legendre idéal, au printemps prochain...


Pierre-François, comment décrirais-tu ton personnage?
Il y a deux Carlos: celui de la première saison et celui de la deuxième. Au cours de la première, il manquait énormément de confiance en lui et d’ambition, mais ce n’était pas plus grave que ça. Il était bien; Lyne prenait des décisions dans toutes les sphères de leur vie où il n’avait pas envie de s’imposer. Il lui restait seulement ses amis et, tant qu’il pouvait les voir deux fois par semaine, ça suffisait. Le Carlos qu’on découvre à la deuxième saison a une paire de couilles. Il s’est réveillé.


T’identifies-tu à lui?
Je pense que je suis assez différent de lui. Au cours de certaines périodes de ma vie, je lui ressemblais davantage. Carlos est comme une «maladie», et il y a des moments où j’ai été atteint du virus. (rires) Parfois, de mauvaises nouvelles «s’abattent» sur toi, et ta confiance en toi est à refaire. Quand j’avais 20 ou 21 ans, j’ai vécu quelque chose comme ça. J’étais complètement éteint, mais je savais que ça allait changer. C’était une façon de me protéger contre tout ce que je vivais. Et je suis conscient que ça peut se produire de nouveau...


Avez-vous des points en commun, Carlos et toi?
Pas vraiment. Pendant la deuxième saison, on se rend compte que, pour lui, les amis sont très importants. C’est le seul point que j’ai en commun avec lui.


Pourrais-tu être ami avec quelqu’un comme lui?
Je ne pense pas, à moins qu’il y ait quelque chose qui nous lie. Par exemple, ça pourrait être un bon chum au travail. Quand j’interprète un personnage, je mélange des traits de personnalité de gens que je connais. Carlos est un cas un peu extrême, mais il y a des gars qui sont presque comme lui.

Quand je discute avec des gens dans la rue, c’est parfois assez drôle. Un jour, j’ai croisé un couple, et il y avait juste la fille qui parlait. Le gars regardait par terre et approuvait ce qu’elle disait. Elle ne le laissait pas s’exprimer. J’étais mal à l’aise, parce que ça me faisait penser à Lyne et à Carlos. Je me sens toujours un peu mal pour les gars. (rires)


Puisque Carlos est différent de toi, as-tu de la difficulté à comprendre ses émotions?
J’ai fait beaucoup de théâtre à Québec, la ville d’où je viens, et il n’y a rien de mieux pour faire travailler l’imagination. Tu peux être en jeans dans un local de répétition et jouer un guerrier grec. (rires) C’est là que tu approfondis le plus tes rôles. Et Carlos est quand même bien plus proche de moi qu’un guerrier grec!


Quels conseils donnerais-tu à Carlos afin qu’il puisse s’en sortir?
Je lui dirais qu’il est sur la bonne voie. Il commence à prendre des initiatives et il faut qu’il continue. Je lui conseillerais aussi de communiquer davantage avec les autres et de ne pas laisser traîner des dossiers. Quand tu en es rendu au point où tu inventes un déménagement, c’est grave. C’est plus simple de parler directement aux gens. Carlos doit apprendre à affronter les personnes qui l’entourent, à parler et à se faire confiance.


Tu as joué des losers et des personnages égoïstes. Est-ce plus difficile pour toi de cruiser des femmes aujourd’hui à cause de ça?
Non, pas du tout. (rires) C’est plutôt le contraire. Les gens font facilement la différence entre un comédien et ses rôles. Je dirais que le premier contact est plus facile. En fait, on vient me parler et c’est à moi, ensuite, de prouver que je suis intéressant. (rires)


Est-ce que tes rôles déteignent sur toi?
Peut-être un peu. Je crois plutôt qu’ils me permettent de découvrir des facettes de moi. Après avoir fait ou dit quelque chose, j’ai déjà pensé en mon for intérieur: «Tiens, Carlos aurait pu agir comme ça.» (rires)


Tu as un nouveau projet pour le printemps, Legendre idéal...
C’est un concept norvégien. Ça aurait pu s’appeler Legendre idéal, autopsie d’un talk-show. Il s’agit d’un faux making of d’un faux talk-show. Tous les comédiens jouent leur propre rôle. Les téléspectateurs suivent une équipe dans les coulisses pendant une semaine, alors qu’elle prépare une émission. Il y a des intrigues dans chaque épisode, et des artistes qui font l’actualité sont invités.


Aimerais-tu avoir ton propre talk-show?
Pourquoi pas? Mes amis me disent que c’est quelque chose que je pourrais faire. Ce serait un défi extraordinaire. Si un jour, on me propose un projet comme ça, je serais très excité, mais je n’en rêve pas pour l’instant; je ne suis pas pressé.


 
 
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